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Anelore
Datte: 12/07/2026, Catégories: fh, hplusag, inconnu, campagne, froid, amour, nopéné, Auteur: Tylodine, Source: Revebebe
Résumé de l’épisode précédent : Le 31 décembre, je récupère une jeune femme après une sortie de route. Jeudi trente-et-un décembre, le temps est beau sur les Cévennes, les rues du Vigan sont animées sous ce soleil hivernal, et pourtant, en cette fin d’année c’est le cœur lourd que je m’apprête à vivre seule ce passage vers l’an neuf. J’ai rangé dans le coffre de ma vieille Golf les provisions pour la semaine, rien de particulier pour ce réveillon qui s’annonce solitaire. L’image que me renvoie la vitre arrière est brouillée, vieillie, pas celle d’une (encore) jeune femme dans la plénitude de ses trente-six ans. Venue m’installer dans cette belle région après un divorce difficile en Allemagne, j’ai cru y trouver la paix avec ma compagne française, dessinatrice comme moi ; elle travaillant dans la mode, moi dans la bande dessinée et l’illustration. Nous avons acheté un ancien mas dans la vallée de la Buège, restauré cette vieille demeure et passé deux années merveilleuses. Et puis Hélène a rencontré « l’homme de sa vie », me laissant seule dans cette maison devenue trop grande. Comme si cela ne suffisait pas, elle souhaite récupérer sa mise dans cet investissement… Logique, mais je ne dispose pas d’une telle somme et cela va m’obliger à revendre le mas. Voilà une fin d’année qui s’annonce bien morose, pensé-je en m’installant au volant tandis que quelques flocons de neige viennent voleter sur le parebrise. Il ne manquait plus que ça ! Tandis que ...
... je prends la route, le rideau neigeux se fait de plus en plus dense et je pense aux trente kilomètres de route qui me séparent de la maison. Je ne suis pas équipée de pneus neige et pas vraiment une conductrice émérite sur ces routes tortueuses. Quelques kilomètres avant d’atteindre Saint Laurent-le Minier, la conduite devient de plus en plus difficile et la visibilité réduite à une dizaine de mètres. Un virage en dévers et je sens la voiture partir… surtout ne pas freiner, j’essaie le frein moteur, mais rien n’y fait, je glisse, je glisse… Prenant de la vitesse, la Golf semble aspirée vers le bas-côté et plonge au ralenti vers le ravin, heureusement stoppée au bout de quelques mètres par un jeune châtaignier. Je veux sortir, mais à peine ai-je esquissé un mouvement que la voiture bouge. — J’en ai marre, pourquoi ça me tombe dessus, encore et encore… Rolf, Hélène, le mas… merde et merde à la fin ! Je n’arrive même plus à pleurer… je fais quoi maintenant ? Toc, toc… On vient de toquer sur la vitre… je distingue un visage dans la pénombre, je commence à baisser la vitre, ce simple geste provoque un nouveau soubresaut de la voiture. Je n’ose plus faire un mouvement et au bout de quelques minutes c’est l’envoyé du ciel qui ouvre ma portière, délicatement. Je suis encore sous le choc et c’est d’une voix mal assurée que je croasse : — Merci, monsieur, je suis désolée, je me suis laissé surprendre et la voiture est partie en travers sans que je ne ...