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Rosette
Datte: 08/07/2026, Catégories: Humour #initiatique, #premiersémois, #différencedâge, fh, hplusag, fplusag, campagne, fsoumise, cérébral, Auteur: Elodie S, Source: Revebebe
Originaires de la Plaine du Forez, mes grands-parents paternels nous y accueillaient, ma jeune sœur et moi, tous les étés. Après la première quinzaine d’août qu’ils passaient avec nous, mes parents nous y laissaient profiter seules des joies de la vie à la campagne. J’avais donc droit à une immersion estivale dans les profondeurs de la France rurale. Mon grand-père, soufrant de crises d’arthroses de plus en plus douloureuses, ne sortait guère du petit manoir, où nous résidions et qui me paraissait un château. Plus active, ma grand-mère nous initiait aux joies des cultures potagères et à l’inévitable récolte des prunes pour élaborer ensuite de la confiture. À une centaine de mètres de la maison, il y avait les fermiers, les Duphot. Le père, Eugène, à peine plus jeune que mon père, était un homme sec et noueux, rustre et taiseux. Ma sœur et moi craignions ses colères que nous entendions jusque dans nos chambres. Il dirigeait avec fermeté son exploitation agricole, composée d’une quarantaine de Charolaises, d’une douzaine de cochons, de nombreuses poules et d’une vingtaine d’hectares de terre agricole cultivée. Paulette, son épouse, petite femme à la poitrine fort développée, était l’inverse de lui ; très exubérante, c’était un véritable moulin à paroles, qui riait et s’amusait de tout. Elle faisait la cuisine et le ménage pour mes grands-parents. Je me rappelle avec délice l’avoir écoutée en cachette bonimenter avec ma grand-mère, plus réservée sur ces thèmes, des ...
... cancans du village. Tout y passait : l’attrait du facteur pour la bouteille, qui le faisait dangereusement zigzaguer en nous apportant le courrier ; le manque de « retenue » de Monsieur le Maire, qui attendait son neuvième héritier ; Duclos, le garde-champêtre, dont les yeux sortaient de la tête devant les miches de la boulangère ; les faveurs que celle-ci accorderait à Émile Lachamp, l’instituteur que seul le brave boulanger ignorerait, et qui me faisait la regarder d’un autre œil quand j’allais chercher le pain à vélo. Selon Paulette, le brave artisan était obligé de baisser la tête pour rentrer dans son commerce tant ses cornes étaient grandes, ce que, honnêtement, je ne suis pas parvenue à vérifier. Et puis il y avait l’Émile, le fils Duphot. Un peu plus jeune que moi, j’avais cru comprendre qu’il souffrait d’un léger handicap mental. Le fait est qu’il avait trois classes de retard par rapport à moi. Mais mon intérêt pour lui n’avait rien de scolaire, c’était un merveilleux compagnon d’aventures, car il connaissait tous les mystères de la nature et m’emmenait chaque été de découvertes en découvertes ; pour protéger mon pré carré, je tentais, parfois sans succès, d’en tenir ma sœur à part. Il savait prendre les lapins au collet, malgré le garde-champêtre, pêcher les écrevisses à la balance ou les truites à la main, approcher les chevreuils au coucher du soleil, ramasser de délicieux champignons forestiers. Un jour, nous nous sommes même retrouvés face à une compagnie de ...