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Le Confit des Cœurs
Datte: 28/06/2026, Catégories: Humour #réflexion, #psychologie, #érotisme, #volupté, #confession, #nostalgie, #personnages, #magasin, #masturbation, #Oral, #jeuxérotisés, Auteur: L'artiste, Source: Revebebe
... recette. Non. Un arôme. Celui qui lui échappait depuis des années. Un matin, en fouillant dans un vieux carton de carnets graisseux, elle tomba sur une page arrachée. Sa propre écriture, plus nerveuse, plus jeune. Et une annotation en bas, d’un autre stylo, d’une autre main. J. Elle sentit la lettre lui glisser dans le ventre comme un glaçon dans une culotte. Julien. L’homme avec qui elle avait tout inventé. Et tout laissé. Ils avaient créé cette recette ensemble, un soir de canicule, sur un carrelage collant de désir et de sucre. Ils s’étaient léché les doigts, les paumes, puis les ventres, les reins, les peaux. Et il était parti comme les hommes trop doux qu’on n’arrive pas à croire. Elle relut la recette. Tout était là. La chaleur. L’attente. La langue. Et le doigt. Elle se mit à la refaire. Chaque geste tremblait un peu. Quand le pot fut prêt, elle le regarda comme un sexe entrouvert. Elle le scella. Puis un deuxième. Et un troisième. Mais un seul serait pour Étienne. Le soir même, elle l’invita à rester après la fermeture. La boutique sentait la figue chaude et le muscat. Étienne, assis sur le tabouret, observait. Louise sortit un pot, une cuillère, deux verres de vin. Puis elle s’approcha, lui prit la main. — Je veux te nourrir autrement, dit-elle. Elle trempa son doigt dans le pot. Le porta à ses lèvres. Ferma les yeux. Puis fit de même pour lui. Et là, comme un ressort qui se détend, il gémit. Fort. Comme si ce goût venait de lui ouvrir ...
... une brèche qu’aucune femme n’avait jamais trouvée. — C’est… toi ? — Non, dit-elle. Elle marqua une pause. — C’est ce qu’il reste de moi… quand je ne me retiens plus. Ils ne se déshabillèrent pas tout de suite. Ils se caressèrent d’abord par les mots. Par les regards. Ce soir-là, Louise ne nota rien. Elle glissa juste une étiquette manuscrite sur un pot vide : Le lendemain matin, la clochette de la boutique sonna plus tôt que d’habitude. Louise était encore fermée. La porte était restée entrouverte. Étienne était déjà là. Il avait dormi chez elle. Pas dans son lit. Sur le tapis de la réserve, la tête posée contre sa cuisse nue. Il s’était assoupi en murmurant qu’il n’avait jamais été si rassasié sans toucher au plat principal. Louise était restée éveillée. Elle l’avait regardé. Son torse qui se soulevait comme un pain qui lève. Sa main, ouverte, comme une assiette qui attend. Et elle s’était dit qu’elle n’avait plus envie d’avoir peur. Elle avait compris. Elle n’était plus qu’une marchande de souvenirs. Elle était devenue une semeuse de frissons. Une tartineuse de vérité. Alors, elle décida de tout changer. Elle accrocha une nouvelle pancarte, juste au-dessus de la caisse : Elle déplaça les étagères. Installa un banc près de la fenêtre. Et, dans un bocal vide, elle invita les clients à laisser leurs propres souvenirs gustatifs-érogènes. Anonymes. Intimes. Condensés de frissons. Quelques extraits : Louise les lisait le soir, en ...