1. Le Confit des Cœurs


    Datte: 28/06/2026, Catégories: Humour #réflexion, #psychologie, #érotisme, #volupté, #confession, #nostalgie, #personnages, #magasin, #masturbation, #Oral, #jeuxérotisés, Auteur: L'artiste, Source: Revebebe

    ... personne ne venait acheter « par gourmandise », non. On venait goûter ce qu’on n’osait plus penser. Et parfois, ce qu’on croyait avoir oublié.
    
    Un pot, une cuillère, un frisson. Les réactions étaient toujours silencieuses, mais elles parlaient plus fort que mille mots. Une cliente serrait la table du bout des doigts. Un vieil homme fermait les yeux à double tour. Une autre éclatait de rire, les joues pleines d’images.
    
    Louise, elle, notait moins. Elle ressentait plus. Et chaque jour, elle attendait une présence.
    
    Étienne.
    
    Il revenait. Toujours plus tôt. Toujours plus seul. Puis il est resté. Juste pour discuter.
    
    — Vous l’avez trouvée où, cette recette au citron noir et cardamome ?
    — Inventée. Inspirée d’un souvenir… très indécent.
    
    Il avait souri. Un de ces sourires qui naît doucement, et qui se pose sur les lèvres comme une cuillerée de miel trop chaud.
    
    — J’aimerais… en goûter une autre. Pas pour acheter. Pour comprendre.
    — Vous voulez savoir quoi ?
    — Pourquoi ça me fait ça… là. (Il posa sa main sur son plexus.) Et là. (Plus bas.)
    
    Elle le regarda. Et sans prévenir, elle sortit un petit pot, jamais encore proposé. Cerises macérées au balsamique vanillé. Un concentré de moiteur et de patience. Elle lui tendit une cuillère. Il approcha la bouche. Et ferma les yeux.
    
    Il gémit. Discrètement. Mais un gémissement tout de même. Louise, elle, sentit ses tétons pointer sous la blouse. Elle n’avait pas prévu ça. Pas aujourd’hui. Pas avec lui.
    
    — C’est… vous. ...
    ... Ce goût. C’est… Enfin, ça me donne envie d’y glisser mes doigts.
    
    Le silence qui suivit n’était pas gêné. Il était dense, comme un caramel qui accroche au fond d’une casserole.
    
    — Vous devriez partir, dit-elle.
    — Si je pars, j’vais me branler avec des abricots secs. Et ça sera moins bon.
    
    Elle éclata de rire. Un vrai. Celui qu’on n’a pas entendu depuis une décennie. Puis elle s’approcha, prit une cerise entre deux doigts et la posa sur sa propre langue.
    
    — Si vous restez, dit-elle, vous goûterez peut-être quelque chose de mieux qu’un fruit.
    
    Il hésita. Avança.
    
    Leurs bouches se sont rencontrées, cerise contre cerise, salive contre souvenir. C’était moelleux, chaud, un peu vinaigré, parfaitement déroutant.
    
    Ils ne firent rien d’autre ce jour-là. Mais ils s’assirent, l’un à côté de l’autre, à goûter des pots interdits.
    
    Ce soir-là, Louise écrivit dans son carnet, non plus une observation, mais une intention.
    
    Il y avait des jours où Louise avait du mal à rester dans son corps. Comme si ses gestes étaient un peu trop doux pour l’époque. Ou trop chargés pour le présent.
    
    Depuis ce baiser à la cerise, quelque chose avait bougé. Pas uniquement entre ses jambes. Pas que dans ses joues.
    
    Étienne venait tous les deux jours. Il ne posait plus de questions. Il goûtait. Et il restait. Parfois il l’aidait à étiqueter les pots, en silence. Parfois, il ne faisait que l’observer. Comme s’il attendait une ébullition. Louise, elle, continuait à chercher. Pas une nouvelle ...