1. Une chanson douce...


    Datte: 20/06/2026, Catégories: f, h, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe

    ... J’écoute les braillements du gars qui loue sa « Danièla ». Pourquoi ça m’emmerde que ce mec se fasse du fric avec des mots comme ceux-là ? Et Pierre qui s’excite au volant… sur tous les imbéciles de la terre, ceux qui conduisent comme des pieds, parce que lui est irréprochable sûrement ! Encore cinq mètres et l’autre qui parle de s’y mettre à trois. C’est quoi cette nana ? Il vit avec une pute ? Comment peut-on écrire de telles horreurs ?
    
    — Zut ! Un moment j’ai cru que ça allait s’arranger. Vise-moi ce boxon… il va nous falloir deux plombes pour traverser le pont de l’Alma… appelle le bureau pour dire que nous sommes coincés.
    — Magali doit bien s’en douter. Et puis si ça se trouve, elle l’est aussi. La porte-Dauphine à cette heure-là, c’est pas le paradis non plus.
    — T’as raison. Bon ! Je dois me calmer.
    — Te voilà raisonnable.
    — Dis donc, toi, elle n’est pas un peu juste ta jupe ?
    — Juste ? C’est quoi, « juste », dans ta tête ?
    — Ben, tu en montres un peu beaucoup, là, non ?
    — C’est les paroles de ton Elmer qui te montent à la tête ou quoi, Pierre ? Je mets ces fringues depuis des mois et tu n’as jamais fait de telles réflexions.
    — N’empêche qu’assise, c’est à peine si on ne devine pas ta culotte !
    — Mais… enfin, qu’est-ce que tu radotes ? Tu te pâmes en écoutant un mec qui chante des trucs infâmes et ça déteint sur ton caractère ? Tu me prends pour qui, ou pire pour quoi ?
    — Rien à voir avec la chanson ! C’est juste que… merde, j’aime bien…
    — Hein ? Là, c’est ...
    ... largement au-dessus de ce que je peux comprendre.
    — Tu es… oui, j’aimerais que tu sois un peu comme cette « Danièla » !
    — Tu délires à mon avis. Tu me reproches de m’habiller trop court et tu me proposes d’être une salope ? Je ne suis pas bien réveillée, ou je suis encore endormie, ma parole, tu es… je ne sais même pas comment décrire ce que tu montres comme visage ce matin !
    
    Je me sens salie ! Pourquoi est-ce que tout va de travers ? Pierre et ses idées à la con ! Il est malade de me… c’est cette chanson qui lui retourne le cerveau ? Nous sommes à mi-chemin entre la rive gauche et la rive droite. Et l’autoradio continue… de débiter des louanges à cette nana. Comment peut-elle apprécier qu’on parle d’elle de cette manière ? Existe-t-elle du reste ? Une femme peut-elle être assez folle pour laisser son mec la prêter à ses potes ? Mince alors ! Comment ça me prend la tête une chanson aussi débile ? Et mon mari qui tapote sur son volant. Un matin ordinaire, un matin parisien, et deux pauvres diables parmi tant d’autres, qui vont bosser. Et voilà que maintenant il fredonne, pour ne pas péter un câble ?
    
    — xXx —
    
    — xXx —
    
    On atteint des summums là, vraiment. Pas de vitesse évidemment. Mais dans l’abjection parolière. Il me sourit ? J’y crois pas. Qu’est-ce qu’il s’imagine ? Par devant, par-derrière ? Du grand n’importe quoi ! Ils foutent quoi à la censure ? Le zouave doit avoir envie de balancer son fusil pour se boucher les oreilles. Il en a de la chance, celui-là, de ...
«1234...»