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Le Retour
Datte: 09/06/2026, Catégories: fh, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe
... heureux de te garder à déjeuner. — Je ne veux pas déranger. Et puis… — On a eu tous de la peine pour ton papa… mais que devient ta maman ? — Elle est avec lui maintenant. — Viens, suis-moi. Allons discuter de tout ceci devant un bon repas. Mais ce n’est pas la saison des Crâtiottes… — C’est vrai alors ? La ferme de la Mathilde, c’est chez toi désormais ? — Oui… et la baraque de Léon, le garde champêtre… elle est en ruine. Le terrain aussi m’appartient maintenant. — Tu es donc si riche ? — Grands Dieux, bien sûr que non ! Bon, tu viens faire connaissance de ma femme et de mon fils ? — … tu crois ? — Allons ! On pourra parler du bon vieux temps… — Présenté de cette manière… pourquoi pas ? — xXx — Et voilà comme la quinqua brune se retrouve embringuée dans une aventure qui la dépasse. Chez Alain, la petite femme prénommée Yolande la reçoit à bras ouverts. Quant à Clément, le fiston du couple, il a du mal de détacher ses prunelles du corsage de l’invitée de son père. Quelque part, les chats ne font pas des chiens et jamais adage n’a été si vrai. Et immanquablement la conversation lors du repas revient sur le passé, l’école devenue un nouvel endroit de partage. Mais comme Agnès le redoute, ils finissent par ramener sur le tapis, ce Michel si taciturne, paraît-il. Lorsque Yolande en parle, Alain ferme un instant les paupières. Un geste qui peut passer inaperçu pour tous, mais qui éveille la curiosité de l’hôte de la maison. Michel… elle s’en souvient, comme ...
... si c’était hier. Toujours prêt à la défendre, toujours à donner de la voix lorsque l’on touchait à elle. Et l’attitude de son ami Alain lui laisse à penser que peut-être Yolande non plus n’était ou n’est pas insensible au charme envoûtant de ce gaillard costaud. Mais surtout si beau dans son souvenir. Oh ! Rien entre eux deux n’avait jamais dépassé le stade du bisou sur la joue, celui-là même qui de temps à autre, après si longtemps lui brûle encore le visage. Comme ils étaient tous jeunes, comme elle aurait aimé tellement plus ce soir-là ! Mais difficile de partager un peu d’amour entre trois garçons qui s’entendaient si bien. Alors évidemment qu’elle n’avait pas voulu montrer son attachement à Michel. Mais là, dans la maison qu’eux et elle, dans leur jeunesse évitaient comme la peste, les bribes de souvenirs qui s’égrènent sont là qui défilent sous sa chevelure abondante. Au moment du café, c’est l’épouse qui assène le coup de grâce à la brune dont l’esprit est parti là-haut, à la lisière d’une forêt qui doit être si différente aujourd’hui. — Je peux te tutoyer Agnès ? Tu es l’amie de mon mari, alors ça crée des liens… — Oui… bien sûr. — Tu peux rester quelques jours si le cœur t’en dit… nous sommes heureux de t’avoir à notre table, n’est-ce pas mon chéri ? — Oui… oui ! Drôle comme la femme d’Alain vient d’appuyer sur le « mon chéri ». De quoi a-t-elle peur ? Que son invitée lui vole son amour ? Bien entendu que si Agnès a flairé dans l’intonation une marque ...