1. La panthère ou la liberté


    Datte: 03/06/2026, Catégories: #psychologie, #aventure, #initiatique, #romantisme, #rencontre, #lesbienne, ff, amour, Auteur: Maryse, Source: Revebebe

    ... l’odeur de la lande et de l’humus, mêlée à celle des terres lointaines. Le parfum de la liberté. Gorgé de promesses. Elle s’arrêta une seconde.
    
    Le doute surgit. L’assaillit. Elle pensa à ses parents adoptifs. À leur tendresse maladroite. À leur fierté quand elle préparait ses premiers remèdes. À la douceur de la maison, le soir, lorsqu’on fermait les volets.
    
    Un frisson la traversa. Était-elle sur le point de commettre une folie ?
    
    Mais une voix intérieure s’éleva, calme et tranchante :va…
    
    Et soudain, tout fut clair. Ses doigts se resserrèrent sur son baluchon et elle s’élança.
    
    Elle courait, sans fléchir, sourde aux ordres. Derrière elle, des bruits de bottes. Trop tard. Elle avait déjà franchi l’enceinte. Les murs. Ses murs….
    
    Elle filait sur le sentier, les poumons en feu, les jambes tétanisées, son cœur battant à tout rompre. Chaque foulée l’éloignait un peu plus de l’enfermement. La rapprochait un peu plus d’elle-même.
    
    Sans un regard en arrière, les yeux rivés sur l’horizon, elle s’ouvrait à ce nouveau monde qui lui avait été trop longtemps interdit.
    
    Quand enfin elle s’écroula sur une butte herbeuse, hors d’haleine – hors d’atteinte – le ciel était devenu mauve lavande. Elle sentit sous elle la terre vibrer de vie – loin des pavés, loin des contraintes.
    
    Elle rit. D’abord silencieusement, puis de plus en plus fortement…
    
    Un rire franc, clair, cristallin jaillissait d’elle, irrépressible. Plein de soulagement, de vertige. Fier de ce premier ...
    ... pas franchi.
    
    Elle riait parce qu’elle l’avait fait. Elle avait quitté la ville. Elle avait brisé les non-dits, conquis sa liberté.
    
    Et maintenant, tout était à inventer, tout lui devenait possible.
    
    La fin des illusions
    
    Au crépuscule, son euphorie se mua en inquiétude. La lumière virait au cuivre. Les collines se noyaient dans l’ombre, et le chemin s’y perdait. C’était la première fois qu’elle passerait la nuit seule. Et dehors, de surcroît.
    
    Il lui fallait un abri. Et vite.
    
    Soudain, elle s’immobilisa, brusquement alarmée, tous les sens aux aguets. Elle percevait un changement. Subtil. Indéfinissable. Un déplacement dans l’air. Une trépidation imperceptible.
    
    Un pressentiment. Venu des tréfonds de son instinct.
    
    Tout s’était tu. Tout s’était figé.
    
    Plus un pépiement d’oiseaux. Plus un crissement de grillons.
    
    Tout autour d’elle laissait filtrer quelque chose d’inquiétant. Presque menaçant.
    
    Un frisson la parcourut.
    
    Puis elle l’entendit : un martèlement étouffé… qui s’approchait. Des sabots, frappant le sol.
    
    Elle recula d’un pas, les yeux écarquillés, les muscles tendus, prête à détaler.
    
    Une silhouette émergea de la courbe du sentier.
    
    Une femme – vêtue de cuir et de métal, juchée sur une monture d’ébène.
    
    Un sabre court pendait à sa hanche, deux dagues à son ceinturon.
    
    Son port était droit, son assurance coulée dans l’acier trempé.
    
    Une guerrière.
    
    Flore en eut le souffle coupé. Stupeur, méfiance, peur : tout se mêla pour la ...
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