1. JENNY & BELLA ou L'initiation d'une Geek - Chapitre VII


    Datte: 02/06/2026, Catégories: Entre-nous, Hétéro Auteur: Miss_Sexcret, Source: Hds

    ... extraits d’articles, photos de cafés où la tasse était toujours posée à gauche d’un carnet ouvert.
    
    J’ai appuyé sur « Suivre ».
    
    Pour me fondre dans le décor, j’ai commencé par liker trois publications espacées : une citation de Simmel, une photo en noir et blanc d’un amphithéâtre vide, et une image d’un coucher de soleil prise depuis un train — légendée « Retour de colloque ».
    
    Puis, sans réfléchir trop longtemps, j’ai écrit :
    
    >Bonsoir. J’ai lu votre article sur l’usage des pseudonymes en ligne. Amusant, n’est-ce pas, d’écrire en son nom à propos de ne pas le faire.
    
    J’ai hésité à envoyer, mais mon pouce était plus rapide que ma raison.
    
    La réponse est arrivée moins de deux minutes plus tard.
    
    >Bonsoir. L’ironie n’est pas interdite sur internet, heureusement. Merci pour la lecture.
    
    Courtois. Neutre. Parfait.
    
    Je me suis calée contre mes oreillers, le téléphone posé sur ma cuisse, et j’ai ajouté :
    
    >Et vous… vous utilisez votre vrai nom partout ?
    
    Il a mis un peu plus de temps à répondre cette fois :
    
    >Pas partout. Mais ici, oui. Les habitudes universitaires sont tenaces.
    
    >Et les habitudes peuvent se perdre.
    
    >Certaines, oui. Pas toutes.
    
    Je ne sais pas pourquoi, mais cette réponse m’a donné l’impression qu’il me parlait d’autre chose.
    
    J’ai laissé passer quelques minutes. Puis :
    
    >Vous avez une “bibliographie doudou” ? Celle qu’on ouvre tard, pas pour travailler, juste pour le plaisir.
    
    >Question dangereuse… Bergson, parfois. Sennett ...
    ... les mauvais jours. Et vous ?
    
    >Je collectionne surtout les gens.
    
    Il a mis du temps à répondre.
    
    >Une bibliothèque vivante. Difficile à ranger.
    
    >On peut les classer par frisson.
    
    Cette fois, il n’a pas répondu tout de suite. J’imaginais son expression, les sourcils légèrement froncés, le regard qui se demande si c’est un jeu.
    
    Quand la réponse est arrivée, c’était bref :
    
    >Intéressant.
    
    Un mot, mais qui sonnait comme une porte entrouverte.
    
    J’ai hésité… puis je me suis levée pour aller chercher mon téléphone portable perso. Dans le dossier de Bella, j’ai sélectionné une photo soft : mon cou et le début de ma poitrine, éclairés par la lampe de chevet, le fond flou. Pas de visage.
    
    Je l’ai envoyée avec un simple :
    
    >C’est ça, un frisson.
    
    Trois points sont apparus… ont disparu… sont revenus.
    
    >C’est vous ?
    
    >Un morceau de moi.
    
    >C’est beau.
    
    Ses trois mots restent affichés sur l’écran comme un petit écho dans ma poitrine.
    
    Je réponds après une trentaine de secondes, juste pour lui laisser le temps de se demander si je vais répondre :
    
    >Certains frissons se prêtent à la photo. D’autres, non.
    
    >Et celui-ci ?
    
    >Celui-ci… il se partage à moitié.
    
    Je peux presque entendre le léger frottement de sa main sur sa barbe quand il lit.
    
    Puis :
    
    >Vous aimez rester dans l’ombre ?
    
    >Je choisis mes lumières.
    
    Silence, puis un autre message :
    
    >Vous êtes enseignante ?
    
    Je souris. Bien sûr qu’il se pose la question.
    
    >Peut-être. Ou pas. Ce ...
«1234...»