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Histoire des libertines (121) : Hortense Schneider et la fête impériale.
Datte: 26/05/2026, Catégories: A dormir debout, Auteur: Olga T, Source: Hds
... préféré, lui valut les titres de « La matrone des Fez » et de « La Vénus qu'Ali Pige ». Le chanteur Paulus (1845-1908) dit d’Hortense Schneider : « Sa cour était aussi suivie que celle des Tuileries… et plus amusante. Les souverains, en visite à Paris, s'empressaient d'y accourir, aussitôt les hommages officiels rendus et venaient quêter, de la belle étoile, un sourire… et le reste. Or, comme le cœur était aussi hospitalier que la maison » Sa rivale, la comédienne Léa Silly, l'avait surnommé ironiquement « le Passage des Princes ». Dans sa loge en effet, se pressèrent le Grand-duc Constantin, le Vieux Roi de Bavière, les rois du Portugal, de Grèce, de Suède, de Belgique, d’Espagne, le Comte de Flandre, et d'autres princes ou altesses. On prêta à Hortense Schneider une relation avec le Prince de Galles, « Bertie », le futur Edouard VII d’Angleterre et grand libertin. LA FIN DE LA FETE IMPERIALE Célèbre grâce à Napoléon III, Offenbach fut immanquablement associé à l'ancien régime. On le surnomma « l'oiseau moqueur du Second Empire ». Lorsque l'empire s'effondra à la suite de la victoire écrasante de la Prusse à Sedan (1870), la musique d'Offenbach tomba en disgrâce. Pendant la guerre de 1870, Hortense fut infirmière puis s’installa à Fécamp, pour échapper à une campagne de dénigrement sur ses prétendues « origines allemandes ». Après la chute de l’empire, la carrière d'Hortense, qui a près de quarante ans, décline en France. Toujours appréciée à l'étranger, ...
... elle est invitée par les cours d'Europe qui dépensent des fortunes pour la faire venir, notamment en Russie. Elle se retira définitivement après la mort d'Offenbach en 1880 pour se consacrer à son fils. Elle poursuivit aussi sa « carrière de courtisane, en disant oui à Gambetta et non à Thiers, à qui elle dit : « Mais enfin, Monsieur Thiers, vous avez eu trois femmes, cela devrait suffire à un homme de votre taille. » En 1881, âgée de quarante-huit ans, elle épousa un Italien de dix ans son cadet, qui se prétend « comte de Bionne » mais qui, en réalité, n'avait aucun titre et qui était sans doute plus motivé par la fortune de l'actrice que par l'amour. La séparation eut lieu très peu de temps après le mariage. Elle gardera cependant la particule. La grande duchesse de Gérolstein n’est plus. Hortense rompt avec son passé scandaleux, prenant soin de son fils handicapé, vivant entre son hôtel particulier de l’avenue de Versailles et sa maison de Fécamp. Elle meurt à Paris en 1920, quelques mois après son fils, Georges André. *** Hortense était, nous dit Joëlle Chevet, « une femme champagne, blonde, pétillante, mousseuse, rieuse, capricieuse, coléreuse, bagarreuse, hargneuse, généreuse, avaricieuse » ! Contrairement à la plupart des courtisanes, à l’exception de la Belle Otéro, Hortense se définit d’abord comme une comédienne, une grande artiste, une véritable professionnelle du spectacle. Elle collectionna les amants et ne croyait pas se prostituer en ...