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Le linge sale
Datte: 08/05/2026, Catégories: #érotisme, #initiatique, #volupté, #rencontre, #confession, #personnages, #domination, #Voyeur / Exhib / Nudisme, #masturbation, #BDSM / Fétichisme, #lieupublic, Auteur: majaas, Source: Revebebe
... essoreuse dans le fond donne le signal d’une fin. Ses doigts effleurent le coton retiré plus tôt, gisant encore au sol, et le lui tendent. — Remets-la-moi. Le ton est calme, presque tendre. Il relève la tête, croit avoir mal entendu, mais non. Ses mains tremblent à peine. Elle l’aide d’un mouvement de hanche imperceptible. — Bien, dit-elle. Elle roule alors l’autre culotte, celle maculée de sperme, celle de la honte. — Garde-la pour la laver. Tu me la ramèneras. Le mot « garde » contient tout : l’ordre, le cadeau, la punition. L’humiliation l’apaise. Elle rit, pas fort, un peu désabusée, et rechausse sans se presser ses ballerines. La porte automatique s’ouvre. Courant d’air frais, parfum de rue, claquement de battant. Un jeune homme entre, casque sur les oreilles, jette un œil distrait, ne s’aperçoit de rien. Le monde continue, parfaitement indifférent. Jean, lui, est à genoux, la dentelle imprégnée roulée entre ses doigts. Elle observe la scène, amusée. Le garçon repart aussitôt. — Tu vois, dit-elle. — Quoi ? — Rien ne se remarque jamais. Puis elle ajoute, presque bienveillante, en le toisant de haut : — Dimanche prochain, même heure. Elle dépose un dernier regard sur lui, long, tranquille, presque doux, puis sort, laissant derrière elle la trace tiède de sa présence et l’odeur d’une lessive qu’il n’est pas près d’oublier. Il s’assoit, ses mains se serrent autour de la culotte abandonnée. Il a honte, il rit, il ...
... suffoque. Dehors, la nuit se met à tourner, exactement comme le tambour d’une machine à laver. * Le lendemain, Jean se leva tôt. Enfin, « tôt » pour un homme qui n’avait pas dormi. Le miroir lui renvoya un visage froissé, mais lavé. Tout semblait plus net : l’air, la lumière. Il se fit un café, brûla sa langue, et esquissa un sourire, un de ceux qu’il n’aurait pas su expliquer à un psychiatre sans avoir à appréhender le mot « culotte ». Il rangea son linge : chemises impeccables, draps pliés, et au fond du placard, une boule rose, roulée serrée. Il hésita à la remettre dans le tiroir, mais quelque chose en lui s’y refusa : « Les reliques, c’est pour les saints, pas pour les imbéciles heureux ». Il la posa sur la table, à la lumière du matin. Elle avait l’air indécente, et pourtant parfaitement inoffensive : un bout de dentelle tachée, quelques coutures. La journée passa comme une série de gestes mécaniques : courses, vaisselle, un peu de ménage. Il croisa ses voisins, répondit poliment. Personne ne voyait rien, bien sûr. C’est ce qui rend les secrets supportables : leur invisibilité. Il retourna à la laverie. La machine numéro 4 accueillit la culotte rose en ronronnant, indifférente. Il s’assit sur sa chaise habituelle, regarda le tambour tourner et effacer la preuve dérisoire qu’il avait – l’espace d’un cycle – existé autrement. Dans sa tête, il revivait chaque geste, chaque mot. Ce n’était pas de l’amour, il le savait. Pas une histoire, pas même une aventure. Plutôt une ...