1. L'île des femmes


    Datte: 06/05/2026, Catégories: Humour #aventure, fffh, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe

    ... désiré par beaucoup d’entre elles, elles jouaient aux cartes pour savoir qui l’emmènerait dans son lit.
    
    Comme j’étais nouveau et exotique, j’étais très convoité, m’apprit Samantha. Nous sommes arrivés sur ces entrefaites dans une grande clairière où la plupart des habitants de l’île étaient réunis. Les gosses étaient couchés. Les hommes buvaient une boisson manifestement alcoolisée autour d’un feu, et les femmes installées en rond autour d’un tapis, très joli, d’ailleurs très coloré, jouaient aux cartes. Ne me demandez pas les règles de leur jeu. Comme je ne parle pas leur langue, je n’ai jamais compris ce qui se passait, ni ce soir-là ni depuis. Pourtant, je suis l’enjeu de la partie tous les soirs depuis mon arrivée.
    
    Chacune d’entre elles avait trois cartes dans la main et l’une après l’autre, elles se levaient, jetaient une de leur carte sur le tapis et criaient quelque chose que j’interprétais comme un défi. Moi, installé sur une espèce de trône en bambou, j’attendais la fin de la partie, reluquant les participantes et me demandant avec qui j’allais bien coucher. Samantha était de loin ma préférée. Mais il y avait quelques jeunes femmes qui n’étaient pas trop déplaisantes.
    
    La partie a duré longtemps. Elles n’avaient que trois cartes en main, mais parfois, l’une d’entre elles sautait au milieu du tapis et récupérait une carte ou deux. J’étais épuisé et je commençais à bâiller sérieusement quand une énorme mama s’est installée au milieu du tapis, a jeté ses cartes ...
    ... en l’air et a commencé à danser en riant. Elle avait gagné.
    
    En dansant, elle relevait sa grande jupe informe et je découvrais, effrayé, ses cuisses grasses et sa motte poilue. Les hommes levèrent leurs gobelets en fer blanc à sa santé, ou à la mienne, et elle m’a entraîné dans sa masure. Il y faisait noir comme dans un four et c’était tant mieux, car je n’avais pas envie de voir ce qui allait se passer. De toute manière, j’étais si fatigué après la journée dans le champ que je me savais incapable de bander.
    
    Pourtant, la sarabande endiablée dans la nuit a été fantastique. Cette grosse dondon était chaude et souple et elle maîtrisait à la perfection l’art de l’amour. Comme avec ma Samantha, je la laissais décider de tout et je suis sorti glorieusement de tous les combats avant de sombrer dans un sommeil d’une profondeur inégalée, comme avalé par un trou noir.
    
    Quand j’ai ouvert les yeux, la belle Samantha aux yeux clairs était là qui me regardait en souriant.
    
    — Tiens, me dit-elle, ton petit-déjeuner.
    
    Elle me présentait un bol en terre cuite malpropre rempli d’une sorte de gruau verdâtre. Le temps que je m’empare du bol, elle avait disparu. J’avais faim. Aussi, je n’ai pas fait le difficile et le gruau était somme toute acceptable. J’avais à peine léché le fond de mon bol que le vieux a pointé son nez à l’entrée de la case.
    
    Et tout a recommencé, la journée dans les cailloux sous un soleil de plomb, la partie de cartes. C’était encore moi l’enjeu. Samantha avait ...