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Le marc de Bourgogne, c'est sournois
Datte: 29/04/2026, Catégories: Humour #érotisme, #Collègues / Travail, fh, Auteur: plume, Source: Revebebe
Je ressors de la maison. Finalement, on s’est arrangé pour les travaux. Faut que j’appelle le magasin pour qu’il livre une rallonge de gaine de 50. Gérard va prendre du retard pour monter le tube, mais c’était prévisible avec ce chantier mal goupillé. J’aurais pas dû prendre un marc au resto tout à l’heure. Je risque pas l’accident, mais je vois bien, moi qui suis plutôt réservé d’habitude, qu’à ma façon de parler tout à l’heure avec le client que je frise le taux limite. Je descends les marches. Devant moi, il y a la maîtresse de maison qui fignole ses plantations de printemps. En tee-shirt et en short un peu fatigués. Je l’ai déjà croisée, car ce n’est pas la première fois que je viens sur ce chantier qui n’en finit plus. Mais le donneur d’ordre, c’est le mari, un peu casse-couille, un peu je change tout le temps d’avis, finalement la clim, faut la mettre là et, ah bah, non plutôt là… Donc la petite dame, je ne lui parle pas trop, mais quand je la vois, c’est ma petite joie : quand j’arrive, voir ses jolies formes et ses taches de rousseur me rend zen avant de discuter avec le conjoint, et quand je pars, croiser son regard me réconcilie avec le genre humain. Je me fais peut-être des illusions, mais j’ai l’impression qu’elle s’est rendu compte qu’elle me fait plus d’effet qu’un verre de Perrier menthe : à chaque croisement de regards, son sourire me fait passer en mode pleins phares. En temps normal, je reste raisonnable : flirter avec les femmes des ...
... clients c’est pas bon pour l’artisanat : dans le pire des cas on se prend des coups, dans le meilleur on doit accorder une ristourne. Mais là, je suis passé directement en sortant du resto, un routier qui te fait un coq au vin à se damner. Et qui t’offre, à l’ancienne, le digestif pour faire passer tout ça : un marc de Bourgogne cuvée spéciale. Le marc de Bourgogne, c’est un peu sournois. Ça tape pas tout de suite, mais quand tu penses qu’il t’a juste aidé à digérer, il se rappelle à toi pour te faire faire des trucs que tu vas regretter. Et tu te retrouves, en haut du perron, à mater une jolie rousse accroupie dans ses semis. Elle se redresse, elle a dû sentir ma présence. Par la porte ouverte, on entend son mari qui discute avec Gérard. Face à moi, même dans son tee-shirt trop large, son short trop ample, ses gants de jardinage, son plantoir à la main, j’ai l’impression de voir un Botticelli. Elle me regarde, je la fixe. Puis je ne sais pourquoi, enfin si le marc de Bourgogne, je me rapproche et lui demande : — Vous n’auriez pas un seau ? C’est idiot, j’en n’ai nul besoin, vu que je suis censé retourner au bureau, mais je n’ai pas trouvé mieux. Elle me dit : — Si. J’ai pas pris de risque : un sabre laser, elle aurait dit non, mais un seau ? C’est assez courant dans une maison avec jardin. — Venez. Je la suis, on passe le coin de la façade. Il y a une pile de bois. De quoi alimenter trois quatre cheminées tout l’hiver. À côté, parmi un bric-à-brac de ...