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L'odyssée de l'abeille épisode 1
Datte: 27/04/2026, Catégories: Humour #nonérotique, #aventure, #fantastique, ff, odeurs, Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe
... recroqueville en chien de fusil dans un coin et tente malgré les feulements lointains de trouver un peu de sommeil. Je m’endors finalement au bout de deux bonnes heures, après avoir tourné et tourné dans tous les sens. C’est un bruit sec qui me réveille, j’ouvre péniblement un œil, je ne réalise pas tout de suite que c’est une branche cramoisie – venant de tomber d’un pan du mur restant – qui vient de me réveiller. Une forte odeur s’insinue dans mes narines, un certain parfum règne, le fumet délicat d’un gaz intestinal, une fragrance d’humus, des relents putrides. Et enfin, je sens un pas lourd écraser le sol, une grosse bête tourne autour de mon abri de fortune. Je suis encore blottie, le dos contre un muret de bois et soudain une tête énorme se tient pile au-dessus de moi… une tête ? Non, une deuxième sur le même corps passe à son tour le museau au-dessus de l’enceinte, puis une troisième : un lion, une chèvre et un dragon. Je reconnais ce monstre, il s’agit de la Chimère. Elle ne m’a pas remarqué, mais renifle, elle doit probablement sentir une odeur qui lui est chère. Le feu l’a probablement attirée. L’animal a le sens de l’odorat ultra développé et sensible : surtout ne pas péter. L’animal mesure au moins cinq mètres au garrot, possède non pas trois têtes, mais quatre si je considère sa queue qui se finit en gueule de serpent. De grandes ailes de chauves-souris parfont la monstruosité de cette infamie de la nature. Tel un chat marquant son territoire, la ...
... Chimère se frotte contre le mur en bois, lequel tremble sous le poids et la puissance de la bête. Je n’en mène pas large, je n’ai à ma disposition aucune arme capable d’en faire de la chair à saucisse et ce n’est pas un bout de bois enflammé qui sera dissuasif. J’attends, tremblante, que la créature s’en aille, ce qu’elle ne tarde pas à faire. Une fois certaine qu’elle se trouve ailleurs, je sors de ma cachette et je la vois à une distance que j’évalue à environ trois cents mètres. Un choix s’offre dès lors à moi : aller plus avant dans les terres dans l’espoir d’atteindre Xanthos… Cela signifie suivre le chemin emprunté par la Chimère, ou bien tenter d’atteindre des côtes plus accueillantes en empruntant la mer, ce qui signifie : construire une embarcation avec le bois mort à ma disposition. Dans ma tête, ça carbure sec, j’ai assez de bois pour me fabriquer un radeau, mais aucun lien pour attacher les rondins entre eux. Ma progression dans l’eau serait lente et je ne sais quel genre de bestiole marine peuple les profondeurs de la mer Égée. Lorsque j’envisage les créatures terrestres, il est fort à parier que les créatures marines n’ont rien à envier en termes de monstruosité. Il n’est pas improbable de vivre de sacrées déconvenues en mer. Aussi, je décide d’emprunter les terres et suivre à pas prudents Chimère. Je me taille une lance avant de m’élancer sur les traces de la bête. Je garde espoir d’atteindre la ville sans avoir affaire avec l’immonde créature, il faut ...