1. Mademoiselle et son chauffeur


    Datte: 22/04/2026, Catégories: Entre-nous, Hétéro Auteur: CDuvert, Source: Hds

    ... passées à provoquer, esquiver, titiller de jeunes héritiers empesés, n’ont fait qu’aiguiser mon désir d’une vraie transgression. La Bentley noire est là qui m’attend, garée sous une lumière blafarde.
    
    Daniel s’avance, parfait, impeccable, pour m’ouvrir la portière arrière. Mais ce soir je refuse la distance respectueuse.
    
    « Non, Daniel. Je m’assieds devant, avec vous, » dis-je en contournant la voiture.
    
    Il ne commente pas, mais je perçois l’ombre d’un trouble dans la fixité professionnelle de son regard. À peine installée, la portière claque et déjà le cuir glisse sur mes bas tendus.
    
    « Vous vous êtes amusée, Mademoiselle ? » Sa voix, égale, trahit pourtant une pointe de curiosité.
    
    Je ris doucement, croisant les jambes, la jupe remontant haut sur ma cuisse.
    
    « M'amuser… C'est beaucoup dire. J'ai trouvé le bal d'une monotonie affligeante... »
    
    Je laisse échapper un soupir théâtral, croisant une jambe sur l'autre dans l'habitacle feutré de la Bentley. Mes doigts pianotent distraitement sur le cuir luxueux tandis que les images de cette soirée insipide défilent dans ma mémoire.
    
    « Imaginez la scène, Daniel. Cette immense salle de bal, dorée à outrance, ces lustres de cristal scintillant comme mille diamants sous les plafonds ornés de fresques. L'orchestre jouait les mêmes valses poussiéreuses que mes grands-parents écoutaient déjà, et cette assemblée de jeunes gens bien élevés tournait en rond comme des automates, le sourire figé, la conversation prévisible. ...
    ... »
    
    Ma voix prend une intonation moqueuse, mes yeux pétillent de malice dans la pénombre de la voiture qui file dans la nuit.
    
    « Malgré mes initiatives... audacieuses. Car l'ennui me rend... créative. J'ai décidé de pimenter cette mascarade insipide. J'ai choisi mes proies : d'abord Augustin de Malherbe, fils du banquier, tout en costume trois-pièces et nœud papillon impeccable, mais avec ce regard fuyant des timides. Puis Édouard de Montclair, héritier d'une fortune industrielle, beau garçon certes, mais avec cette rougeur qui lui monte aux joues dès qu'une femme le regarde. »
    
    Je ricane doucement, savourant le souvenir de ma petite vengeance contre la médiocrité ambiante.
    
    « Je me suis frottée sans vergogne à eux, Daniel. Sans la moindre retenue. Pendant que nous dansions, j'ai collé mon corps contre le leur, laissant mes hanches rouler contre leurs bassins tendus, mes seins effleurer leurs torses à travers la fine soie de mon chemisier. J'ai senti leurs respirations s'accélérer, leurs mains devenir moites dans les miennes. »
    
    Ma voix se fait plus rauque, plus intime, comme si je partageais un secret délicieux.
    
    « J'ai poussé leurs mains baladeuses sous ma jupe, Daniel. Oh, ils ont d'abord résisté, jetant des regards affolés autour d'eux, terrifiés à l'idée qu'on les surprenne. Mais quand leurs doigts tremblants ont effleuré la dentelle de mes bas, quand ils ont découvert que j’étais trempée en dessous... leurs dernières inhibitions ont fondu comme neige au soleil. ...
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