1. La soumission de Lira


    Datte: 19/04/2026, Catégories: Non Consentement / À contre-cœur Auteur: Cesarion, Source: Literotica

    ... à l'aide
    
    Son carnet contre sa poitrine, Lira traversa le couloir du croiseur sans même entendre ses pas résonner sur le métal froid. La vibration des machines emplissait l'air et la plongeait dans une sorte d'état cotoneux. Elle serrait son document contre elle, ces lignes, griffonnées, jetées à la hâte sur le papier dans un élan désespéré pour être à l'heure et éviter la punition. Elle ne savait même plus ce qu'elle avait inscrit dedans, ces derniers jours, ses idées avaient perdu leur acuité habituelle et elle survivait comme une balle lancée à travers un flipper devenu fous, rejetée de partout avec violence. Le salon de Kael s'ouvrit devant elle, cette pièce de luxe, de calme, de beauté, mais où la volupté de son maître s'incarnait dans les terrifiants râteliers de fouets dissimulés derrière les somptueuses tapisseries.
    
    Debout près de la table de marqueterie, un verre à la main, Kael l'attendait tel un fauve guettant sa proie. Il tendit la main pour exiger son tribut, ses doigts saisirent le carnet.
    
    — Montre-moi tes lignes, Lira.
    
    Prise d'un frisson incoercible, Lira donna le carnet avec les trente lignes sur sa journée. Qu'avait-elle écrit? Elle l'avait oublié, son seul souvenir était d'avoir parlé du rituel du matin et le cri de son âme brisée déplairait sûrement à son maître. La peur l'étreignit, un nœud glacé dans sa poitrine. Elle se prépara à subir la peine pour ces mots jetés en un flot déstructuré, écrit dans une semi-conscience où toute réflexion, ...
    ... toute prudence tactique était abolie, mais elle avait passé ce stade et même cette terreur ne contenait plus son esprit fracturé.
    
    Kael s'assit, ouvrit le carnet. Ses yeux parcoururent les mots, son visage s'assombrit.
    
    Elle osa espérer. Peut-être Kael la jetterait-elle pas le sas, dans l'océan de radiations de l'hyper-espace? Au lieu de cela, il se mit à lire à voix haute :
    
    — Je me sens sale, toujours, et l'eau n'efface plus cette tache amère. Ma peau s'enflamme sous le jet, la honte persiste, un feu dans mon cœur.
    
    Dans ma tête, je murmure : " Aidez-moi, je vous en supplie." Ma voix s'éteint, captive, car la peur des punitions, ce corps fragile, me force à me lever, à me livrer pour éviter ces douleurs insoutenables.
    
    Kael, frémit, comme ébranlé par ces mots jetés dans le simple appareil d'un esprit arraché à sa conscience habituelle. Son ton resta ferme pourtant :
    
    — Mes mains frémissent, l'encre bave, mes mots s'emmêlent sans tout révéler. Certains secrets restent enfouis, des ombres tues dans un tombeau scellé.
    
    Je veux redevenir celle d'avant, libre, loin de cette emprise.
    
    Le matin, de toute la journée, m'épuise, un acte que je hais. Seule la terreur du stimulateur me contraint, mais un jour je cesserai, je m'éteindrai.
    
    Il lisait désormais avec froideur et ses prunelles de feu semblaient emplies d'un de ces calculs complexe que Lira avait appris à associer à la douleur. Dans ces iris soudains étroits, froids, cyniques, elle lisait la pus terrible des ...
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