1. « Clémence » (1) : Zakaria


    Datte: 11/04/2026, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: Olga T, Source: Hds

    ... une aisance inattendue. Le rythme semblait plus lent. Michel travaillait beaucoup mais il restait attentionné, toujours aimant, toujours délicat. Elle l’aimait mais ce n’était pas le problème.
    
    Le problème, c’était son corps, son manque, sa frustration. La tendresse de Michel l’émouvait, ses caresses lui plaisaient, mais elles ne la traversaient pas. Son sexe, pourtant, grondait. Comme un feu qui couve sans jamais exploser. Le souvenir de ses longues séances de plaisir solitaire, de ses nuits adolescentes haletantes, la hantait. Elle se surprenait à y replonger en cachette, dans la salle de bains, ou sous les draps lorsqu’elle l’entendait ronfler paisiblement. Mais cela ne suffisait plus.
    
    L’idée de satisfaire ses besoins en dehors de son couple ne lui avait jamais traversé l’esprit. Elle considérait que l’amour rimait avec fidélité et il était inconcevable pour elle de tromper l’homme qu’elle aimait, malgré ses éjaculations précoces qui la frustraient tant.
    
    Pourtant une rencontre inattendue allait bientôt changer la donne.
    
    C’est dans un café du centre, lors d’un déjeuner avec l’épouse d’un collègue de Michel, qu’elle le vit pour la première fois. Il s’appelait Zakaria. Grand, musclé, la peau cuivrée par le soleil, les yeux noirs perçants, une mâchoire volontaire, une barbe taillée avec négligence, et une manière de marcher provocante. Il portait une chemise entrouverte, révélant un torse viril, et une chaîne discrète en or. Il parlait peu, mais souriait beaucoup. ...
    ... Un sourire en coin, presque moqueur.
    
    Zakaria était ce qu’on pourrait appeler un voyou-dragueur. Un petit caïd, qui vivait, en ne faisant rien ou presque et qui était obsédé par les étrangères. Surtout par « les Françaises aux mœurs légères » qui passaient directement au lit. Il était un chasseur, pour qui les Françaises n’étaient que des « Kahba », une fois qu’elles étaient séduites.
    
    Quand leurs regards se croisèrent, ce fut bref mais suffisant. Il la déshabilla du regard, comme s’il savait. Elle détourna les yeux, un frisson entre les cuisses. Elle se sentit idiote, coupable.
    
    Il réapparut. Deux jours plus tard. Puis encore, comme par hasard. Sur les marchés. En terrasse. Toujours seul. Toujours sûr de lui. À chaque fois, un mot, une phrase courte. Parfois un compliment en Arabe. Parfois une provocation en Français. Toujours accompagné de ce regard lent, pénétrant. Il l’abordait à chaque fois avec toute l’aisance du monde, comme s’il était certain qu’elle allait finir dans son lit, quoiqu’elle fasse.
    
    - Tu es Parisienne, non ? On reconnaît tout de suite les femmes froides qui brûlent à l’intérieur.
    
    - Ça ne te dit pas de venir avec moi ? Je promets de te faire oublier tous ceux que tu as connus jusqu’ici.
    
    - Belle tenue, je parie que tu es encore plus sublime sans tout ça.
    
    Il la tutoyait, lui faisait des remarques indécentes mais elle ne répondait pas. Mais son cœur battait plus vite. Elle se haïssait de ce trouble. Zakaria dégageait une aura séductrice et ...
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