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Et si c’était possible !
Datte: 09/04/2026, Catégories: nonéro, Auteur: Maryse, Source: Revebebe
... chiens de faïence. Le temps parut suspendre son cours. Il allait bien falloir que l’une d’entre elles se décide de bouger. — Je dois y aller, finit-elle par bredouiller. Je te remercie pour tout ce que tu as fait pour moi. J’espère qu’un jour tu pourras me pardonner et que Dieu m’offrira l’occasion de me racheter en me permettant de te rendre la pareille… De façon inattendue, le masque dur et sombre qu’affichait le visage de Tehila disparut subitement, laissant la place à une expression nouvelle. Celle-ci maintenant, la dévisageait pensivement, les sourcils froncés, une étrange petite moue aux lèvres. — Que connais-tu de la façon d’agir des soldats de mon clan ? Lança brusquement cette dernière en la fixant droit dans les yeux. Elle baissa la tête, toute penaude. Son hôtesse avait repris la même tournure de phrase que celle avec laquelle elle l’avait invectivée quelques minutes plus tôt. La fureur en moins ! Comment cela se faisait-il qu’elle n’avait pas pu se maîtriser et qu’elle avait foulé aux pieds les règles les plus élémentaires de la bienséance ? — Sûrement moins que moi qui ai servi dans l’armée, continua Tehila, sans lui laisser le temps de répondre. C’est obligatoire chez nous, ajouta-t-elle aussitôt après, comme pour se justifier. Imagine qu’ils t’attendent quelque part dehors, cachés en embuscade pour t’attraper dès que tu te montreras… Tehila avait raison et elle le savait. Mais elle devait partir. Elles n’étaient pas du même clan et c’était ...
... ainsi que cela devait se passer, quelles qu’en étaient les conséquences ! Dieu et Lui seul décidait de ce qui arriverait ! — Je dois le faire, insista-t-elle d’une voix butée. C’est comme ça… Il n’y a pas d’autre alternative possible, renchérit-elle avec fatalisme, en haussant légèrement les épaules. Elle se tut en s’apprêtant à faire demi-tour pour prendre congé. Sous l’effet d’une impulsion subite, elle ajouta piteusement, dans un souffle, sans pouvoir s’en empêcher : — Tout aurait pu se passer autrement si je m’étais mieux comportée ! Son aveu irréfléchi la contraria. Qu’est-ce qui lui prenait de se déjuger de la sorte ? Ne devait-elle pas garder la tête haute en toutes circonstances ? Les yeux qui l’observaient se mirent à briller intensément. Déstabilisée par le regard qu’elle sentait peser sur elle, elle croisa nerveusement les bras sur sa poitrine en déglutissant péniblement. Tehila ne reprit la parole qu’après plusieurs secondes qui lui parurent une éternité : — Même si tu as mal agi tout à l’heure, quelque chose en moi, mon intuition, me souffle que tu es une femme de bien… Je suis sûre que tout comme moi, tu souffres de la situation actuelle, de cette guerre fratricide qui oppose nos deux clans et qui ne résout rien, bien au contraire… Qui avait déclenché cette guerre fratricide, pour reprendre l’expression utilisée par Tehila ? Sûrement pas son peuple, mais celui de l’autre clan. À une époque où ni elle, ni sa mère, n’étaient encore nées, des ...