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Le prix de l’Humanité
Datte: 03/04/2026, Catégories: #réflexion, #philosophie, #initiatique, Auteur: Maryse, Source: Revebebe
... souffle une ultime fois. L’Humanité retrouvée Le fruit et son amertume avaient déclenché une réaction en chaîne. Celle inscrite dans leur cellule. D’abord, un picotement insignifiant sous leur peau engourdie. Ensuite, la vue. Ils se regardèrent, intrigués. Ils étaient deux. Deux corps distincts. Séparés du jardin. Autonomes. Leurs membres bougeaient lentement, retrouvant peu à peu leur mémoire ancienne, innée. Celle venue de la nuit des temps. Leurs muscles se tendaient. Leur peau frémissait sous le vent. Le sol devenait réel. Avec les corps revenaient les mouvements, les sensations. Ils redevenaient singuliers. Irréductiblement séparés. Le cœur de Léthéa, ce lieu de fusion et d’oubli, s’estompait. Était-ce la fin d’Édinu ? Peut-être était-ce eux qui s’en éloignaient, sans s’en rendre compte. À chaque foulée, leur peau s’imprégnait de l’air, des effluves, des variations de lumière. Le monde n’était plus une mer de douceur indistincte. Il devenait rugueux, multiple, surprenant. Parfois même effrayant. Une peur, devant une ombre mouvante entre les troncs. Un rire, éclatant et étonné, face à une feuille étrange qui tombait en tourbillonnant. Un agacement – puis une tendresse – lorsqu’ils se frôlèrent par inadvertance. Ils bougeaient, ressentaient, stimulés par une présence : le serpent… Pas visible. Insinué en chacun d’eux, éveillant leur conscience : « Ce que tu sens t’appartient. Tu es vivant. Continue. » Alors surgirent les souvenirs… Par ...
... bribes. Ils ne savaient plus d’où cela venait. Mais cela les façonnait. Cela les reliait à quelque chose d’antérieur. Et avec les souvenirs, la pensée. Des questions s’élevaient, encore floues, mais insistantes :« Qui sommes-nous ? »,« Pourquoi sommes-nous là ? »,« Que devons-nous faire ? »,« Où devons-nous aller ? ». Ils ne trouvaient pas de réponses. Mais les questions les éveillaient déjà… Ils marchaient autrement. Non plus portés, mais libres. Leurs gestes étaient maladroits, parfois désaccordés. Ils hésitaient. Se querellaient. Se reprenaient… Ils devenaient des personnes confrontées à elles-mêmes, aux choix… avec toute l’incertitude qui va avec. Ils se regardèrent. Et cette fois, chacun ne se voyait plus dans l’autre, mais découvrait un être à part. Un égal. Un autre vivant. Le serpent s’évanouit dans l’ombre. Sans un mot. Son rôle était accompli. Il avait éveillé leurs consciences et leur humanité. Le retour à la vie Le Jardin, jadis immobile et bienveillant, se refermait derrière eux. Rien d’hostile. Juste une paume invisible dans leur dos. Un souffle tiède les poussant doucement vers l’extérieur. Ils avançaient, côte à côte. Chacun avec ses propres émotions, ses propres pensées, parfois contradictoires. Ils étaient devenus des êtres séparés. À chaque pas, plus humains. Plus vulnérables. Plus eux-mêmes. Cela faisait mal. Mais cela faisait vivre. Puis, un jour, le Jardin cessa. Sans transition. Devant eux s’étendait une plaine nue. Ni ...