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Le prix de l’Humanité
Datte: 03/04/2026, Catégories: #réflexion, #philosophie, #initiatique, Auteur: Maryse, Source: Revebebe
... haletants. — On l’a trouvé, souffla Ada. — Ou c’est lui qui nous a trouvés, répondit Evo. Mais aucun des deux ne fit un pas. Pas encore. La fusion Le matin suivant, après une nuit blanche, ils franchirent la lisière sans un mot. Ce n’était plus l’heure des discours ni des gestes solennels. Pas de photos pour la postérité. Tout était trop calme, presque atone. Comme arrêté. Un contraste saisissant avec le tumulte qui les habitait : fatigue, trouble, et cette fièvre insensée qui précède la découverte. Ils écartèrent prudemment l’enchevêtrement luxuriant de lianes, d’arbustes et de plantes entremêlées, ouvrant un passage dans le rideau végétal. Une dernière hésitation. Un ultime regard en arrière, souffle coupé. Puis ce premier pas – presque sacré – vers l’inconnu. Leur appréhension s’estompa rapidement face à l’hospitalité des lieux. La nature dense, mais fluide s’écartait comme pour les inviter à aller toujours plus loin. L’atmosphère y était étrangement apaisante. Leur tension se relâchait peu à peu. Une frontière invisible venait d’être franchie. Ils entraient dans un nouveau monde. Autour d’eux, une lumière diffuse et dorée flottait dans l’air, sans source ni ombre. Pas de vent. Pas de chants d’oiseaux. Rien que le bruissement lent des feuilles, comme le battement d’un cœur apaisé… le cœur primordial, peut-être. Ils avançaient, stupéfaits, émerveillés, retenant presque leur souffle pour ne rien altérer. Le jardin les enveloppait. Il ...
... n’était plus un lieu, mais un cocon bienveillant. Rien à craindre. Rien à dire. Rien à comprendre. Juste être. Ils s’y abandonnèrent, comme on glisse imperceptiblement dans un sommeil réconfortant. Leurs mouvements devinrent plus flous, comme ralentis. Leurs voix plus rares. Ada tenta d’écrire dans son carnet. Mais ses doigts n’en étaient plus capables. Comme s’ils avaient désappris. Les mots lui échappaient. Sa volonté se dissolvait. Elle finit par abandonner. Bientôt, elle n’eut plus rien en main. Elle regarda Evo. Il souriait, comme détaché de la réalité. — Tu sens ? murmura-t-il. C’est… comme si nous faisions partie de tout. Comme si on était elle, ajouta-t-il en désignant la verdure d’un geste vague. Elle hocha la tête, sans répondre. Ils ne savaient plus depuis combien de temps ils marchaient. D’ailleurs, se mouvaient-ils vraiment ? Pourquoi l’auraient-ils fait ? N’étaient-ils pas déjà partout et nulle part à la fois ? Un bien-être profond les baignait. Les comblait. Les rassasiait. Ils n’avaient besoin de rien d’autre. Sans s’en rendre compte, subrepticement, ils oubliaient. Se dissolvaient, engloutis par la douceur ambiante. Leur individualité s’évanouissait peu à peu. Insidieusement. Inéluctablement. Ils n’étaient plus tout à fait Ada et Evo. Pas encore autre chose. Leur désincarnation venait de commencer… Leurs esprits flottaient dans un au-delà indistinct, éthéré. Ils n’avaient même plus conscience d’être deux. Ils faisaient partie d’un ...