1. Le livre de Thibault Ep. 0103 Amitié et sensualité.


    Datte: 31/03/2026, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... regretter ? Comment vas-tu vivre ça, si ça dérape et que, une fois de plus, tu sois obligé de faire comme si rien ne s’était passé ? Arriveras-tu à faire face ?
    
    Mais le nez de ton pote effleurait déjà le tien. Et ses lèvres cherchaient tes lèvres. Les corps s’enlaçaient avec fougue, les désirs se libéraient. Les braguettes se défaisaient.
    
    Ton visage était déjà devant la bosse saillante de ton pote, si près que tu pouvais sentir la chaleur dégagée de sa queue à travers le coton fin du boxer.
    
    Mais à la toute dernière seconde, tu n’avais pas pu.
    
    — Je ne peux pas. Je suis désolé, Jé…
    
    — Tu fais quoi là ?
    
    — Je suis désolé !
    
    — T’en avais envie l’autre nuit…
    
    — Tu as eu raison de m’arrêter.
    
    — Viens me sucer, putain !
    
    — Je ne peux pas… pas comme ça, pas parce que tu es saoul et que je suis le seul mec que tu as sous la main… et pas dans le dos de Nico…
    
    — Tu fais chier !
    
    — Passe une bonne nuit, Jé, fait Thibault en passant la porte, fuyant le regard de son pote.
    
    — Va te faire voir, connard ! avait été le dernier mot de Jé pendant que tu quittais l’appart quelques instants plus tard, le cœur empli de tristesse et de désolation.
    
    Mardi 17 juillet 2001.
    
    — Salut, comment ça va depuis dimanche ? Remis de la 3è mi-temps ?
    
    Sans nouvelles de ton pote depuis dimanche, tu n’es pas tranquille. Le SMS de Nico remue le couteau dans la plaie de tes inquiétudes. Tu n’as pas envie de parler de ce qui s’est passé avec Jérém, et surtout pas avec Nico. Car ...
    ... tu te sens fautif vis-à-vis de lui. Alors, ta réponse se fait attendre.
    
    Jeudi 19 juillet 2001
    
    Tu ne sais pas quoi répondre à Nico. Mais tu sais qu’il ne se contentera pas de ton silence. C’est pourquoi tu n’es pas du tout surpris de le voir débarquer une nouvelle fois dans les parages du garage peu avant la fermeture.
    
    Tu le vois faire les cents pas sur le trottoir d’en face. Tu vois illico qu’il est inquiet, et tu devines qu’il est venu te demander des nouvelles de Jérém. Hélas, tu n’en as pas, toujours pas. En revanche, tu as des choses à lui cacher. Tu te sens le cœur lourd.
    
    — Ça va ? il te demande.
    
    — Oui, ça va, ça va….
    
    Tu voudrais donner le change, mais tu n’en as pas l’énergie.
    
    — Sale semaine ? il enchaîne, comme pour trouver une explication à ton comportement qu’il doit trouver bizarre.
    
    — Ouais, assez, oui, les garages commencent à fermer pour les congés, il y a du taf en pagaille…
    
    — Tu es en congés quand ?
    
    — J’ai trois semaines fin août, début septembre…
    
    — Je t’ai envoyé un sms l’autre jour, tu l’as eu ?
    
    — Ah, oui, désolé, je n’ai pas répondu, j’ai pas trop l’habitude des messages.
    
    Quelle belle époque, 2001, l’époque bénie où l’on pouvait encore entendre ce genre de phrase de la bouche d’un bomec de 19 ans.
    
    — C’est pas grave, il coupe court. Sinon, tu t’es remis du match ? il te questionne.
    
    — Oui, ça va…
    
    Tu as envie de t’épancher davantage. Mais quelque chose te retient.
    
    — Vous avez fait la fête tard dimanche soir ? il ...