1. Le livre de Thibault Ep. 0103 Amitié et sensualité.


    Datte: 31/03/2026, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... fiche des étiquettes. Tant qu’on est heureux, qu’importe avec qui nous le sommes ! L’important est que tout le monde trouve son compte et que personne ne souffre…
    
    — Qu’est-ce qu’il est venu te raconter, cette tafiole ?
    
    — Je n’aime pas que tu l’appelles comme ça. Et il ne m’a rien appris que je ne savais pas déjà…
    
    Tu avais réalisé que le ton de ta voix était de plus en plus emporté. Cette discussion te prenait aux tripes, ça te faisait chier que ton pote soit à ce point dans le déni. Le déni, cette attitude qui le rend malade et qui fait souffrir Nico.
    
    — Je sais bien, mais même si tu l’étais, je m’en ficherais, tu serais toujours mon pote…
    
    — Mais je ne le suis pas !!!
    
    Ces derniers mots, Jé les avait crachés dans un cri étouffé, tandis que son attitude s’étant soudainement faite très agressive. Tu l’avais rarement vu sortir aussi vite de ses gonds, et aussi loin.
    
    Ton pote était désormais très remonté et tu savais qu’il n’y aurait plus de discussion possible cette nuit-là.
    
    — Je vais y aller, Jé, je me décidais alors à annoncer à contre-cœur.
    
    Tu aurais eu envie de voir ton pote un peu plus calme avant de partir, mais tu réalisais que ta présence l’empêchait justement de se calmer. Tu touchais du doigt les limites de ton amitié, ton impuissance à faire quoique ce soit de plus pour ton pote à cet instant précis. Tout ce que tu pourrais dire ou faire, ça ne ferait qu’empirer les choses.
    
    Une seconde plus tard, tu te préparais à quitter l’appart. Ta ...
    ... main s’était déjà posée sur la poignée de la porte d’entrée lorsque, soudain, tu avais senti la sienne se poser sur ton épaule. Tu t’étais retourné. Ton pote affichait désormais un regard comme vidé de toute énergie, perdu, paumé.
    
    Un instant plus tard, il se jetait dans tes bras. Une étreinte sans mots, qui avait duré une poignée de secondes.
    
    Intense bonheur que de sentir le torse musclé de Jé contre le tien, ses biceps contre les tiens, sa joue contre la tienne. Et de sentir sa respiration ralentir, ses angoisses se calmer, sa colère refluer. Comme avant. Comme le garçon au sac à dos que j’avais connu avant.
    
    Intense bonheur et brûlante torture que de sentir le parfum de sa peau, la chaleur de son corps.
    
    Tu t’étais senti bander. Tu aurais voulu mettre fin à cette accolade, mais ton pote t’avait retenu. Il t’avait même serré un peu plus contre lui. Tu avais senti son érection. Et son front contre ton front, son nez contre ton nez, sa peau contre ta peau, ses pecs contre tes pecs. Et son souffle contre ton souffle, deux respirations haletantes, deux attirances brûlantes, deux désirs qui se rencontrent.
    
    À cet instant, tant d’interrogations se bousculaient dans la tête. Que cherche-t-il à la fin ? De quoi a-t-il vraiment envie ? Quel rôle jouent l’alcool, la fumette, sa tristesse, le manque de son Nico dans ce que ton pote t’a refusé trois nuits plus tôt et qu’il semble envisager à cet instant ? Est-il bien raisonnable de se laisser aller ? Et après ? Va-t-il le ...