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Imbroglio
Datte: 26/03/2026, Catégories: #policier, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe
... envahit l’immense salon, qui en devint presque intime, finalement. Chopin est mon compositeur préféré de par ses inventions harmoniques et le spleen qu’il arrive à mettre dans ses œuvres. Je m’arrêtais une fois la Nocturne exécutée en n’ayant fait que trois fautes certaines. Ce qui, vu la difficulté d’exécution du morceau, me parut plus que convenable. Le Comte Graf Magnus Von Hasselbach brisa le silence qui s’était installé : — Remarquable Fräulein Beaumanoir. Magnifique… Chopin, bien sûr… C’est tout juste s’il ne se mit pas à chialer. Il en était presque touchant pour le coup. Presque seulement, hein… Ce fut Jasper Honegger, qui n’avait pas dit grand-chose jusqu’à présent qui se lâcha. — Je pense qu’il va falloir être francs avec vous finalement. Le Groupe est lancé dans une opération assez particulière qui concerne des technologies américaines, dont pour des raisons futiles, mais certainement militaires, le gouvernement des États-Unis en interdit l’exportation. Nom de Dieu ! C’est encore pire que ce que j’avais imaginé. J’imaginais mal que les raisons du gouvernement US soient futiles. Mais ce n’était pas mon problème. Mon problème était que j’allais devoir trancher entre le fait qu’une photo me montrant avec Thierry Morand pouvait arriver chez Interpol, ou bien marcher avec ces gens et risquer au moindre faux pas ou grain de sable, d’avoir la CIA sur le paletot. CIA et peut-être même le FSB russe, qui est le principal successeur du FSK, lui-même ...
... successeur du KGB soviétique. Qui dit armes américaines à vendre, dit clients, pourquoi pas Russes, ou pire, Iraniens, ou encore une bande de terroristes internationaux. J’y étais, et même jusqu’au cou. Tout ça à cause de ce con de Samir, incapable de fermer sa gueule alors que je le payais justement pour ça. Comment me sortir de là ? Interpol, finalement, était peut-être la moins pire des solutions. — J’imagine que votre petite camelote, qui a priori n’est pas seulement de la technologie, donc dématérialisée, mais du réel et concret, va transiter par la Suisse, avec la bénédiction de votre ami Philippe Meier, qui sert vos intérêts ? Ils marquèrent le coup. — Vous êtes bien renseignée Mademoiselle Beaumanoir, à ce que je vois. — L’homme qui vous inquiète tant est au courant de votre petite affaire ? Il sait que vous vous préparez à contourner l’embargo américain sur des produits, disons stratégiques ? — Oui… — Comment ? — Nous l’ignorons, et nous aimerions beaucoup le savoir. Cela ne plaît guère à nos clients, qui sont très exigeants… et regardants… Mais quel merdier… ! Quel merdier ! Bon, je mettais une pièce sur les Russes. Le gros Reinhardt sortit d’un attaché-case une chemise où était écrit au feutre « Schatten », que je traduisis par « Ombre ». — Il se fait appeler Shadow. Ombre, donc, ou Schatten. Reinhardt me tendit une feuille de papier où était imprimé un mail, envoyé à Herr Reinhardt, Deutsch Biotech(le nom de ce qu’ils appelaient « le Groupe » ...