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Imbroglio
Datte: 26/03/2026, Catégories: #policier, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe
... un grand sourire. Vraiment, cette fille était un véritable caméléon. — Je me suis énervée, minauda-t-elle. Mais ils ont tout à fait compris que nous nous arrêtions pour la nuit. Vous savez, ajouta-t-elle, tout cela est très difficile pour moi. — Bien entendu. Pendant le repas, elle me raconta une vie qui me parut fausse de bout en bout. Mais c’était plutôt amusant de l’observer en train de fabriquer ses mensonges. Il faut avouer que son sourire de commande était terriblement séduisant. Les quatre types de la table d’à côté s’interrompaient régulièrement dans leurs considérations sur le marketing, pour manifester la plus grande lubricité à notre égard. Pourvu qu’ils ne nous invitent pas à prendre un verre après le repas. Mais non, ils se sont levés, tout en lorgnant les seins et les cuisses de Karolina au passage, ce que je pouvais comprendre. Au moment du kouglof, elle était vraiment charmeuse. Je décidais de faire tomber ses humeurs. — Karolina ? — Oui ? — C’est qui le type qui nous suit dans sa BMW depuis le départ ? Elle prit un air ahuri et c’était, certainement pour la première fois, un air authentique. — Quelle BMW ? — Une BMW noire, un modèle haut de gamme, immatriculé en Ardèche. Je crois qu’il n’y a qu’un seul type à bord. — C’est… impossible… Ce doit être… euh… un hasard. — Non, certainement pas. Tu crois que je suis incapable de savoir si je suis suivie ou pas ? Tu ne sais donc pas qui c’est. J’ai compris à ce moment-là qu’elle avait ...
... peur. Le repas terminé, nous nous sommes levées pour regagner la chambre. J’avais une terrible envie d’en rajouter une couche. — Dommage que je n’ai pas une cravache pour te corriger, lui dis-je une fois les portes de l’ascenseur refermées. Puéril, je veux bien l’avouer. J’agissais avec elle de manière tout à fait abjecte. J’ai horreur de ce genre de pratiques. Jamais, je ne lui aurais fait ça. Même si je la considérais comme une conne, qu’elle m’avait énervée depuis que je l’avais rencontrée. Et même si cette peur que j’avais vue naître dans ses yeux commençait à me faire changer d’optique vis-à-vis d’elle, j’étais toujours dans mon rôle de composition, celui de la méchante. Mais ça ne m’allait pas du tout. J’y étais plutôt mauvaise, tout autant qu’elle dans le sien de rôle. Deux mauvaises actrices. Je cogitais là-dessus pendant qu’elle prenait sa douche. D’accord, ils m’avaient coincée et j’avais horreur de ça. Mais passer mes nerfs sur Karolina, ce n’était pas digne de moi ni digne tout court d’ailleurs. S’en prendre au messager était plus qu’inutile. Elle sortit de la salle de bain, le peignoir de l’hôtel sur elle. — Tout cela est ridicule, lui dis-je, allongée sur le lit. — Quoi ? — Toi, moi, tes patrons, ton rôle là-dedans. Mon attitude vis-à-vis de toi. Ce n’est pas moi cette mesquinerie. Désolée… Je m’excuse et j’arrête mes conneries. Une ombre passa sur son visage. Elle me lança un léger sourire et ouvrit son peignoir, me dévoilant son superbe corps. ...