1. Journal d'un monstre 4


    Datte: 25/03/2026, Catégories: #journal, #psychologie, #rupture, #adultère, #enseignant, fh, fplusag, profélève, Collègues / Travail école, amour, Oral pénétratio, Auteur: Rainbow37, Source: Revebebe

    ... après-midi chez Vincent, tout se passait bien, jusqu’à ce qu’il soit obligé de s’absenter une petite demi-heure. Il m’a demandé si ça me dérangeait de rester seule avec Lilou… Mais quelle question !?!
    
    Je lui donnais donc son goûter quand c’est arrivé. Entre deux petites cuillères de compote, elle m’a regardée avec ses grands yeux brillants et a dit, clairement, cette fois : « Maman. »
    
    J’étais bouleversée, et l’émotion m’a submergée. Étant seule, j’ai laissé tomber mes réserves. Je l’ai prise doucement dans mes bras, la serrant contre moi, et je lui ai déposé un baiser sur le front.
    
    — Oui… Je suis là… Je t’aime, ai-je murmuré.
    
    À ce moment-là, j’aurais tout donné pour qu’elle soit vraiment mienne. Mais cette pensée m’a effrayée autant qu’elle m’a comblée.
    
    Aujourd’hui, Patrice est revenu à la charge avec sa question sur Vincent. Cette fois, j’ai été un peu sèche, n’en pouvant plus de tourner autour du pot. Mais contre toute attente, il n’a pas réagi comme d’habitude. Plutôt que de s’énerver ou de se détourner du sujet, il a semblé chercher ses mots.
    
    Il m’a parlé de sa conversation avec son « amie », cette personne qui l’accompagne désormais dans ses escapades. Ils semblent avoir longuement discuté, et, apparemment, Patrice a eu une sorte de révélation. Il m’a avoué qu’on avait peut-être fait une erreur avec Vincent, qu’on l’avait jugé trop vite et qu’on avait mal réagi.
    
    Puis, il m’a dit quelque chose qui m’a paralysée. Il a avoué qu’il ressentait parfois le ...
    ... besoin de savoir ce qu’est devenu l’enfant de Justine. Il m’a dit ces mots comme s’ils avaient du poids pour lui, comme s’il était en train de réaliser tout ce qu’il avait laissé derrière lui.
    
    Je n’ai rien su dire. C’était comme si je me trouvais dans une pièce sans porte, incapable de sortir de ce moment étrange. Je savais qu’il parlait de Lilou, mais je ne pouvais pas prononcer son nom, moi qui la voyais grandir chaque semaine.
    
    Je l’ai regardé sans rien dire, mon esprit noyé sous la vague de cette pensée.
    
    En sortant mon journal de sa cachette, j’ai été frappée par son épaisseur. Je ne m’en étais pas rendu compte, mais il était devenu particulièrement épais, gonflé de mots, de pensées, d’émotions.
    
    Au départ, je pensais à peine l’utiliser, juste quelques notes éparses, quelques confidences occasionnelles, quelques réflexions passagères. Mais voilà, une grosse partie des pages est désormais noircie par les écritures, témoignant du chaos de mes sentiments, de la complexité de mes relations. Mais surtout, le récit d’une transformation radicale, d’une métamorphose inattendue.
    
    J’ai feuilleté les dernières pages, souriant ou m’attendrissant en relisant certains passages, certains moments privilégiés partagés avec Vincent ou Lilou. J’ai revu leurs visages, leurs sourires, leurs gestes, leurs mots, et j’ai éprouvé un sentiment de bonheur. Ça confirme que je suis sur la bonne voie, que j’ai enfin trouvé ma place.
    
    Puis, attirée par une force invisible, je suis revenue ...
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