1. Les hommes de Mirmont


    Datte: 24/03/2026, Catégories: #aventure, #sciencefiction, #dystopie, cérébral, Voyeur / Exhib / Nudisme noculotte, Auteur: Juliette G, Source: Revebebe

    ... lui faudrait apprendre à protéger son bien. S’il y parvenait, sa fortune serait faite.
    
    En premier lieu, il quitterait son pays de naissance. Un coin appelé Loiret avant l’effondrement du monde. En première dépense, il payait des marchands, afin qu’ils acceptent qu’il se joigne à eux. Il tenait à se joindre à leur caravane et les suivrait dans leur voyage vers d’autres horizons. N’importe quelle destination ferait l’affaire. La caravane de commerce partait pour une ville nommée Paris. Une ancienne cité de grande importance selon les marchands. De toute façon, son meurtre ne lui donnait pas d’autre choix que celui de la fuite.
    
    En traversant une bourgade dont il avait oublié le nom, le jeune voleur graissait la patte d’un obscur magistrat et changeait de nom. Ce n’était certainement pas impératif en ces époques troublées, mais prudence était mère de sûreté. Gédéon Doucet disparaissait donc ce jour-là. Gédéon de Montreuil, lui, s’apprêtait à conquérir le monde.
    
    Ce fut un très long voyage. D’autres assassinats en cours de route et quelques nouvelles richesses. Puis, quelques mois plus tard, la caravane posait ses coffres et ses marchandises à un croisement de routes. Le carrefour des sept villages. Là, les voyageurs apprenaient que les loups étaient entrés dans Paris.
    
    Gros et gras, malgré des muscles puissants, tout le monde se demandait comment Gédéon de Montreuil n’avait jamais succombé à une attaque. Il était connu que la bonne chère, les vins et les alcools ...
    ... étaient des abus nocifs pour une bonne santé. De plus, les crises de colère, les tempéraments sanguins et l’excédent de poids ne faisaient pas bon ménage. C’était sans compter que l’individu n’était plus très jeune. Certains habitants du bourg parlaient d’une quarantaine d’années. D’autres de cinquante ans. L’homme était puissant. Une puissance que l’on pouvait prendre dans tous les sens du terme. Une carcasse impressionnante. Une stature de six pieds et neuf pouces*, charpentée de chair, de muscles et de lard. Malgré la graisse qui lui donnait un torse de barrique, le bourgmestre était bâti en force. L’autre face de sa puissance était une domination sans partage sur le plus important village de cette partie du monde et une influence considérable sur tous les autres.
    
    Le visage rougeaud et sans grâce, mangé en permanence par une barbe de plusieurs jours, se figea dans une moue pensive. Les yeux sombres du chef de Mirmont s’étaient plissés. Il soupira et passa son énorme paluche dans une chevelure auburn coiffée en arrière. Une main grasse du jus du coquelet aux myrtilles qu’il dévorait à même les doigts. Gédéon avait grand appétit et aimait faire bonne chère. D’ailleurs, parler de petit déjeuner l’agaçait toujours. Pour quoi faire dans le petit, quand on pouvait manger autant que lui ?
    
    Ce matin-là, le bourgmestre de Mirmont avait convoqué celui qui pouvait passer pour son bras droit. Ou, en tout cas, un gredin qu’il utilisait très souvent pour toutes sortes d’affaires louches. ...
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