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Les hommes de Mirmont
Datte: 24/03/2026, Catégories: #aventure, #sciencefiction, #dystopie, cérébral, Voyeur / Exhib / Nudisme noculotte, Auteur: Juliette G, Source: Revebebe
... était là, ou si simplement elle avait vécu un moment en ces lieux, il y aurait des traces plus nettes et des odeurs plus riches. Mieux valait pourtant s’approcher plus tard. Ces bois étaient une aubaine. Elle sentait d’autres cerfs vers l’est. Des perdrix et des dindes droit devant eux, et une famille de sangliers un peu plus loin au nord. Pour le moment, elle mènerait une autre chasse. Ses loups méritaient de se remplir la panse avant de retrouver la ville. Le soir venu, elle irait seule en reconnaissance et explorerait les abords du lac. Hippolyte Dedieu allait tranquillement passer le cap des cinquante ans. La veille, il avait été surpris de songer qu’il avait vécu la moitié d’un siècle. Aujourd’hui, les dates d’événements anciens ou nouveaux n’avaient plus d’importance pour la plupart des gens. Le temps lui-même n’avait plus le même sens. Personne ne se préoccupait plus du passé et l’avenir n’intéressait plus les populaces. Il fallait bien avouer que le futur paraissait bien sombre. On vivait au jour le jour et on ne se posait plus de questions. Ses cheveux longs et libres tombaient sur ses épaules. Une chevelure grise depuis des lustres. Il avait eu vingt ans la veille. Il n’oublierait jamais ce jour. Il n’avait rien vu ni rien entendu. Il avait tout bêtement eu l’impression de se prendre une montagne sur le dos. L’ours, lui, n’avait aucune impression. Il était simplement fou de rage qu’un intrus envahisse son territoire. Le plantigrade l’avait frappé à ...
... grands coups de pattes et l’avait mordu sauvagement à l’épaule gauche. L’ours s’était acharné sur sa proie un long moment, déchirant la chair de ses griffes. Et puis, étrangement, le fauve l’avait laissé tranquille. Hippolyte ne se souvenait pas comment il avait réussi à rentrer chez lui. Le lendemain, sa mère le découvrait dans le potager proche de leur isba. Son fils, étalé sur la terre gelée, était à moitié mort. Ses cheveux étaient devenus gris. Elle l’avait soigné durant quatre longs mois. À peine rétabli, souffrant encore de ses blessures, le jeune gars quittait la petite isba familiale à l’aube d’un jour d’hiver. Il rentrait trois jours plus tard avec une peau d’ours à préparer. De corpulence et de taille moyenne, il avait été bel homme. Il avait plu aux femmes malgré les nombreuses cicatrices dessinées sur son corps. C’était surtout son caractère calme et sa gentillesse qui faisaient de lui le chouchou de nombreuses dames. Des dames qui ne savaient pas que le gentil Hippolyte avait été un tueur froid et sans scrupules. Un assassin venu d’un lointain pays de l’Est. Il avait même gagné son nom de guerre très vite. « Le sourire ». Et puis il y avait eu le meurtre de trop. Un truand notoire qui se prenait pour un tsar. Un petit tyran qui avait violé l’épouse d’Aliocha Ivanov, avant de la tuer d’un coup de sabre. Les hommes de main du petit tsar l’avaient retrouvé un matin, entièrement nu, son sabre enfoncé jusqu’à la garde dans l’anus. Suite à cet acte dicté par une ...