1. Les hommes de Mirmont


    Datte: 24/03/2026, Catégories: #aventure, #sciencefiction, #dystopie, cérébral, Voyeur / Exhib / Nudisme noculotte, Auteur: Juliette G, Source: Revebebe

    ... gîte et du couvert. Plus tard, Paul comprenait que se montrer gentil lui apportait la pitié des habitants. Personne ne se moquait d’un imbécile heureux.
    
    Depuis plus de cinq longues années, Paul espionnait ses compatriotes de Jablines pour le compte du chef de Mirmont. Et jusqu’à présent, il n’avait pas eu à le regretter.
    
    Il n’avait jamais été apprécié par les gens de son village et ces imbéciles avaient pensé qu’il était bête à manger du foin. On ne se méfiait pas d’un âne. Gédéon, lui, n’était pas aussi stupide et avait vite deviné ce que les autres n’avaient jamais su voir. C’était lui qui avait proposé aux conseils de région de désigner Paul comme le messager des sept villages. Un travail facile qui rendrait service aux sept communautés. Une proposition qui avait été acceptée par tous les bourgmestres.
    
    Dès lors, la vie de Paul changea du tout au tout. À Jablines, les gens se montrèrent ravis de lui confier leurs courriers personnels. En d’autres temps, on nommait cela un facteur. C’étaient les occupations de Paul. Paul Guingois. Enfant orphelin très jeune et un peu limité en intelligence. Voilà ce qui se disait de lui. Un idiot aussi gentil que Paul n’était pas assez malin pour se montrer curieux.
    
    Les filles l’avaient souvent humilié quand il était enfant. Tout gamin déjà, Paul était mince et frêle. Sa corpulence était même plus proche de la maigreur que de la minceur. Il ne mangeait pas tous les jours à sa faim, mais sa morphologie n’était pas due au ...
    ... manque de nourriture. Il était ainsi fait et il n’y avait rien à ajouter. Les paroles agacées de sa mère qu’il n’avait jamais oubliées. Du plus loin qu’il se souvienne, il avait toujours été grand et maigre.
    
    Aujourd’hui, il était un échalas sans grâce. Un jour de l’année précédente, il s’était hasardé à une promenade au bord du lac. Des femmes, lavandières d’un jour, avaient beaucoup ri après l’avoir comparé à un héron. Paul l’idiot était laid. Tout le monde le disait dans son dos. « Le rouquin tacheté ». C’était le surnom qui revenait le plus souvent. Seule, Lilas Dulac lui avait fait un compliment. La bergère lui avait dit qu’il avait des yeux aux couleurs d’un ciel d’été. Pour l’idiot, la gardienne des chèvres était un peu comme une fée. Jamais, il ne lui ferait le moindre mal.
    
    Aujourd’hui, alors qu’il allait sur ses vingt ans, les femmes se servaient de lui sans le moindre scrupule. Car si les messages des conseils étaient affaire d’hommes. Les courriers personnels étaient des histoires de femmes. Et bien souvent, elles étaient plus intéressantes que des lettres officielles. Il y avait un certain nombre d’histoires de sexe. Des tromperies écœurantes. Qui couchait avec qui ? Paul Guingois était au fait de tout.
    
    C’est ainsi qu’il avait pu exercer son tout premier chantage il y avait de cela six mois. Le facteur avait découvert qu’Hortense Laval trompait son cher époux, membre du conseil de Jablines. Cette garce se faisait baiser chaque mois par Augustin Bourriquet, ...
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