1. Imbroglio


    Datte: 18/03/2026, Catégories: #policier, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe

    ... partir, mais je fis demi-tour :
    
    — Ah au fait, la BMW immatriculée en Ardèche, c’était vous.
    — Bien sûr. Et notre rencontre à Paris, au cercle de jeu n’avait rien de fortuit. Les petits loubards, si en revanche. En fait, je vous suis depuis cette aire d’autoroute près de Lille, quand j’ai eu vent de votre rencontre avec les sbires de Meier.
    
    oooOOOooo
    
    Arrivée sur le parking, mon téléphone sonna dans ma poche : Renata.
    
    — Vous êtes arrivée ?
    — Ja. C’est sauvage ici. Beau, mais sauvage.
    
    Oui, mon coin d’Ardèche est sauvage. Je m’abstins de lui dire que la sauvagerie n’était pas là où elle croyait.
    
    — J’ai croisé vos voisins et récupéré le chien. Je crois qu’ils me prennent pour votre maîtresse. Votre maîtresse allemande. Je n’ai pas fait grand-chose pour les en dissuader, dit-elle avec un petit rire.
    
    Je ne savais pas mes voisins si perspicaces. Ils m’avaient vue quelques fois avec Mathilde, c’est vrai, mais bon…
    
    — Ma maîtresse allemande ? Ça pourrait être une bonne idée, répondis-je. J’espère que nous pourrons confirmer cela à mes charmants voisins. Je trouve que vous avez un côté attachant et très émouvant.
    — Tu seras là quand ?
    — Demain, j’espère.
    — Fais vite.
    — Installe-toi dans ma chambre.
    
    Je raccrochais et j’allais beaucoup mieux d’un seul coup.
    
    Par acquit de conscience, juste pour vérifier, j’appelais ensuite Samir. Si Philippe Meier, grand metteur en scène devant l’éternel, était en accord avec lui-même, Samir ne devait plus être en ...
    ... vie. Je tombais directement sur la messagerie, confirmant qu’il y avait peu de chances qu’il soit encore des nôtres.
    
    J’étais rassurée. Renata, quant à elle, était arrivée et en sécurité, du moins pour le moment.
    
    Il était vingt-deux heures. Il ne me restait plus qu’à trouver une chambre d’hôtel à Genève. J’eus une autre idée, qui m’éviterait de courir les hôtels. Après une rapide recherche sur le net, je notais l’adresse d’un établissement dans la région, uniquement fréquenté par les femmes. Peut-être l’occasion d’y faire une rencontre et de trouver un point de chute pour la nuit ! Et puis une soirée de détente me ferait le plus grand bien. Enfin, si Shadow était toujours à mes basques, ce qui était fort possible même si je ne la repérais pas, ça allait bien l’amuser.
    
    Je garais donc ma voiture sur le parking du Pussy-Pussy à une vingtaine de kilomètres en dehors de Genève. Le Pussy-Pussy, nom Ô combien évocateur, amusant… Le néon rose au-dessus de l’entrée éclairait les quelques clientes sorties fumer. La faune habituelle de ce genre d’endroit. Cinq ou six filles aux cheveux très courts, très masculines, le genre dont on a l’impression qu’elles font la gueule tout le temps et sont fâchées avec le monde entier. Pas du tout mon genre, moi, j’aime la féminité. Si je veux un mec, j’en choisis un vrai, pas quelque chose qui y ressemble, pas un ersatz.
    
    Je suis donc entrée au Pussy-Pussy, sous le regard insistant des fumeuses qui devaient lorgner mes fesses et soupeser la ...
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