1. Imbroglio


    Datte: 18/03/2026, Catégories: #policier, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe

    ... dans mon rétroviseur, roulant vite. Tellement vite, qu’elle me dépassa, freina et se mit en marche arrière. Déjà, ce n’était pas la même BMW. Celle-ci avait des plaques suisses. Et ils étaient deux à bord. Je me saisis de mon pistolet et sortis à toute allure par la portière droite de l’Audi. Ils ouvrirent le feu au moment où je sautais par-dessus un muret et me retrouvais dans le jardin d’une villa, tous volets baissés. Les balles de ce qui me semblait être un fusil d’assaut, hachèrent le portillon de la villa et continuèrent leurs trajectoires de façon variée et anarchique. Aucune ne me toucha. Trente coups, puis le silence. Chargeur vide ? Certainement, je sortis de ma cachette et tirais vers la BMW qui repartit dans un crissement de pneus, alors que tous les habitants de la rue devaient être en train de téléphoner à toutes les polices du secteur. Je repassais par-dessus mon muret si salvateur, non sans le remercier pour la protection efficace qu’il m’avait accordé. Je montais dans l’Audi et disparaissais au plus vite vers les quatre voies. Dans l’autre sens, deux voitures de police passèrent à toute allure.
    
    Qui étaient ces deux types ? Pas Shadow, à peu près certaine. Lui apparemment travaillait toujours en solo et faisait ce qu’il avait à faire lui-même, sans s‘encombrer de truands de seconde zone. Surtout, il n’agissait pas de façon aussi voyante et aussi imbécile. Qui donc m’avait suivie ici à Genève. Qui savait que j’y étais d’ailleurs ? Quelqu’un les avaient ...
    ... renseignés. Le même qui avait pris la photo avec Thierry Morand ? Les fameux clients du groupe ? Peu vraisemblable… Le fait que je sois l’élue pour sortir Shadow du jeu, devait au contraire les arranger. Les Américains ? Va savoir. Ils semblaient être les seuls à souhaiter que je laisse le tueur tranquille. Les services spéciaux américains, ceux que je voulais à tout prix éviter. S’il y avait une chose absolument hors de question, c’était d’être prise pour cible par des services rivaux d’espionnage ou de contre-espionnage, ou des machins comme ça. La police allemande ? Non, pas le genre de flinguer au fusil d’assaut et à partir, même des francs-tireurs agissant en douce. Le BND en voulait au Groupe, mais je ne pense pas qu’ils se doutaient de mon existence. Alors qui ?
    
    J’avais le sentiment, fort déplaisant, d’être dans l’arène au milieu des loups et d’en être la proie unique et très disputée. Et qui s’était amusé à me suivre de chez moi à Stuttgart ? Là, je misais une pièce sur l’ami Shadow.
    
    — Et que fais-tu maintenant, idiote ?
    — Je gère la cata, répondis-je à mon surmoi, lequel a parmi ses nombreuses tâches celle de protéger l’intégrité de notre cerveau.
    
    Je me mis à songer à mon ennemi présumé, Shadow. Il me semblait que c’était un ennemi fabriqué de toutes pièces, que cet homme était autant que moi utilisé comme un leurre pour autre chose. Quoi ? Quand je le saurai, j’aurai en main toutes les clés de cette histoire. Ça me paraissait fou cette histoire de tueur qui ...
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