1. Du danger de la lecture


    Datte: 04/03/2026, Catégories: Humour fh, forêt, Auteur: benoit vitse, Source: Revebebe

    ... bien de se donner du plaisir, comme ça, toute seule. Elle plonge sur l’eau limpide et, quand elle relève la tête, elle entend un bruit de cavalcade. Elle devient craintive. Le mieux est de rester dans l’eau en attendant que les importuns s’éloignent. En fait, il n’y a qu’un garçon qui est au bord de l’eau, et il lui adresse la parole :
    
    — Mademoiselle, vous n’avez pas vu mon bœuf ? Il s’est barré et demain c’est la foire agricole et c’est lui la vedette, le patron va me faire des misères, quel brin !
    
    Elena ne comprend pas bien de quoi il s’agit, le garçon est assez loin sur la berge. Elle s’approche un peu en ayant soin de ne rien dévoiler de ses charmes intimes.
    
    — Oui, mademoiselle, c’est Albert, mon bœuf, qui a fait des siennes.
    
    Au seul nom d’Albert, Elena ne peut se contenir. Elle s’avance vers le vacher. Seins nus, sexe à découvert, fesses humides. Le garçon couvre ses yeux avec sa casquette. Elle lui dit, tout en se revêtant de sa robe :
    
    — Albert, tu dis ? On va le chercher ensemble !
    
    Elle lui prend la main et ils s’enfoncent dans les fourrés.
    
    — Moi, c’est Roger, et vous ? Elena ? J’avais une chèvre qui s’appelait Elena. Tiens, là, il y a des traces fraîches. On va le retrouver.
    
    Effectivement, quelque cent mètres plus loin, on aperçoit le mastodonte broutant en faisant l’innocent. Ils s’approchent, lui caressent le flanc et le garçon parle au bestiau :
    
    — Alors, on fait des carabistouilles, Albert ? On oublie que demain c’est la fête au pays ...
    ... ! La foire agricole la plus réputée du coin, tout de même.
    
    Puis, on se met en route.
    
    On marche au rythme du bœuf, c’est dire si on a le temps de faire connaissance et de s’apprécier. On fait des plaisanteries, on s’étonne de ne pas s’être rencontré plus tôt. Mais à un moment, Albert prétend ne plus vouloir avancer d’un pouce. Inutile de pousser une telle bête, la taper, hors de question.
    
    — Dans un cas comme ça, il faut le caresser, il ne connaît que ça, la caresse.
    
    Alors on y va de bon cœur, dans le sens des poils, à contresens, en douceur, sur l’étendue de son pelage jaunâtre. Et alors, il reprend sa marche en avant. On continue le chemin du retour jusqu’à ce qu’Elena se bloque sur place. Roger s’inquiète, appelle, mais elle ne bouge pas. Il retourne la chercher. Elle lui sourit :
    
    — Je suis comme Albert, je n’avance plus si je n’ai pas de caresses.
    
    Le garçon se met à rire et à caresser ses cheveux châtains.
    
    — Je veux que tu me caresses partout !
    
    Alors, il s’exécute à travers le tissu noir ; elle sent monter le désir et lui voit monter la robe qui découvre des cuisses fermes, un ventre à la fourrure brune, des seins à ne plus savoir où donner la tête. De chaleureuses, les caresses deviennent chaudes. Mais il faut rentrer, car Roger doit encore bichonner son Albert, le brosser et lui enduire les sabots de noirs vernis. On se verra demain à la foire.
    
    *
    
    Le lendemain, il y a du soleil et beaucoup de monde sur le champ de foire. On a distribué des ...