1. Du danger de la lecture


    Datte: 04/03/2026, Catégories: Humour fh, forêt, Auteur: benoit vitse, Source: Revebebe

    Mollement allongée sur le lit, Elena ouvrit le gros livre et, bizarrement, elle tomba sur ces lignes :
    
    Intriguée, elle se demanda qui avait pu écrire sur elle avant même qu’elle ne vive ce moment. Cela l’intrigua au plus haut point. Elle se dit que s’il est question d’une fille en robe noire, cela va devenir de plus en plus inquiétant. Elle se regarda dans la glace. La robe noire lui couvrait gentiment la poitrine et descendait tout en décence jusqu’aux mollets qu’elle avait jolis. Elle reprit sa lecture :
    
    Elena prit peur alors. Pour contrarier ce romancier trop intrusif, elle enleva d’un geste vif sa culotte, effectivement d’un rose qu’on pouvait estimer chatoyant. Comme ça, se disait-elle, je ne serai plus l’héroïne de ce récit qui va me rendre folle si ça continue. D’ailleurs, c’était un de ses plaisirs que de se promener nue sous sa robe qui descendait assez bas pour que personne n’ensusse rien. Elle reprit le livre :
    
    La situation devenait dangereuse pour la santé mentale de la jeune fille. Elle eut l’idée de reprendre le tissu rose qui se chiffonnait sur le couvre-lit, mais elle y renonça. Bizarrement, la peur se muait progressivement en désir, un désir impérieux, incontrôlable.
    
    *
    
    Albert, sorti du bain, était pour Elena l’équivalent de la Vénus anadyomène, une explosion de désir et d’émoi. Elle avait l’impression d’être devant ce livre, comme derrière un paravent. Précisément, la semaine précédente, Elena – pas celle du roman, mais la vraie – était allée ...
    ... se promener avec son cousin au bord du lac des Vieilles Forges. Il ne faisait pas si chaud, mais le garçon avait jeté par-dessus les buissons tout ce qu’il portait sur lui et avait plongé. Il était sorti de l’eau en frissonnant un peu et Elena avait remarqué qu’il avait la chair de poule, y compris sur sa verge. À ce souvenir, elle mouilla elle-même et les stimulations de son doigt n’arrangèrent rien. Évidemment, l’auteur avait tout prévu :
    
    Ce que fit aussitôt Elena.
    
    Puis elle jeta le livre dans un coin de la pièce ; elle n’en pouvait plus d’entendre sa vie se répéter dans les moindres détails. Elle se décida pour une promenade. Il lui fallait changer d’air. Marcher sans penser à rien. Marcher à un bon rythme, ne pas courir, car elle sentirait alors l’air caresser son pubis et s’introduire plus bas encore. Marcher comme une brute. Pendant une heure, elle s’étourdit de ses pas dans l’herbe et la mousse. Et voilà que, sans l’avoir cherché, sans n’avoir rien calculé, en allant au hasard de sa fantaisie, elle se retrouve face au lac des Vieilles Forges. La température est bien plus douce aujourd’hui. Elle s’avance, se trempe les pieds et les mollets. Puis, comme personne ne semble hanter ces lieux, elle jette elle aussi sa robe par-dessus les buissons et, nue, s’enfonce dans l’onde claire.
    
    Cela va me calmer, pense-t-elle, car il y a chez elle une retenue quasi-religieuse face à la montée du désir.
    
    Elle n’en est plus à croire au diable, mais elle se dit que ce n’est pas ...
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