1. Voyage en premières


    Datte: 22/02/2026, Catégories: init, Auteur: Bullitt, Source: Revebebe

    Je n’ai guère de souvenirs de mes premiers émois, mais je garde en mémoire l’été de mes quatorze ou quinze ans.
    
    Mon père avait entrepris de rendre habitable une des nombreuses dépendances de l’immense domaine familial, ce qui allait l’occuper durant les deux cents prochaines années et me laissait toute liberté d’aller et venir dans les bois, les champs et surtout, les bâtiments abandonnés de l’ancien haras qui contenaient tous les trésors dont pouvait rêver un adolescent.
    
    Je parle des vieux Auto-Journal dans lesquels je me délectais des essais d’André Costa qui trouvait la Renault 8 « agréablement survireuse », ce qui fait toujours rire les vieux pilotes que nous sommes devenus quand nous évoquons le comportement de cette voiture devenue mythique avec de jeunes amateurs terrifiés par sa tenue de route « joyeuse ».
    
    Il y avait aussi des piles de Lui et de Playboy abandonnées par les lads lorsqu’ils avaient déserté les lieux, ce qui me permettait de découvrir une anatomie féminine encore rarement entrevue et parfois à moitié masquée d’un tissu diaphane ou d’une main dévoilant plus qu’elle ne cachait, sans parler des pin-up d’Aslan dont le dessin aussi réaliste que détaillé sublimait les courbes féminines.
    
    Mais ce sont surtout les soirées qui ont marqué mon esprit. Nous étions accompagnés d’une jeune fille au pair allemande qui devait avoir deux ou trois ans de plus que moi et s’occupait de ma jeune sœur durant la journée. Une fois celle-ci couchée, le dîner expédié ...
    ... et mon père tombé dans un sommeil profond avant même le coucher du soleil, nous n’avions d’autre occupation que de partir nous promener dans les bois voir si le loup y était, le premier village étant à plusieurs kilomètres et le premier troquet dont nous aurions été immédiatement rejetés en raison de notre âge plus loin encore.
    
    Nous nous rendions au bord d’un étang pour admirer les étoiles et je la couvrais de baisers innocents, essentiellement sur ses lèvres qui restaient désespérément closes. Je ne me souviens plus si elle me laissait glisser mes mains sous son t-shirt pour partir à la découverte de ses petits seins dépourvus de soutien-gorge, mais je me rappelle parfaitement qu’elle ne faisait rien pour m’arrêter quand, sur le chemin du retour, je glissais ma main dans son jean et sous sa culotte pour caresser ses fesses qui étaient aussi douces que musclées.
    
    Les journées et les soirées s’écoulaient sans progrès sensibles de ma part jusqu’au dernier soir où elle prit mon visage entre ses mains et me dit :
    
    — Je crois qu’il faut que je te montre comment on embrasse une femme !
    
    Avant de me rouler la plus belle pelle, de me faire déguster la plus délicieuse soupe de langue, de me faire le plus doux baiser que je n’ai jamais connu, et pour cause, et qui est resté ainsi gravé dans ma mémoire.
    
    Après la rentrée, de retour chez ma mère, je trouvais une solution aussi pratique que discrète pour écouler mes épanchements, mon slip du jour, que je rinçais ensuite dans mon ...
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