1. Les amants de Cherbourg


    Datte: 19/02/2026, Catégories: Entre-nous, Hétéro Auteur: Philus, Source: Hds

    ... sur une photo et poussa le téléphone vers son chef qui s’en saisit avec une curiosité mêlée d’une légère inquiétude. En voyant ce qui était affiché, Pascal eut un violent sursaut. Ses yeux lancèrent des éclairs puis plus calmement, mais les dents serrées, il fit défiler les clichés suivants. Quand il parvint à ceux d’Aziza et de sa fille, il rendit l’appareil à Rachid. D’un ton qui n’admettait pas de répliques, il dit :
    
    — Fais-moi suivre ces photos s’il te plait.
    
    Rachid ne semblait pas à son aise.
    
    — J’espère que je n’ai pas trop foutu la merde…
    
    — Si certainement, mon ami, mais sache que je t’en remercie et que je t’en aurais voulu si tu ne m’avais pas prévenu. Je pars, je ne rentre pas de l’après-midi, conclut-il en se levant et saisissant son blouson.
    
    Les deux hommes sortirent de la pièce. Pascal s’engouffra dans l’ascenseur tandis que Rachid regagna son bureau. Il s’écroula plus qu’il ne s’assit sur son fauteuil. Il prit le cartable qu’il avait posé précédemment, l’ouvrit et se saisit d’un sandwich qu’il avait préparé le matin même.
    
    — Merde ! C’est trempé, se désola-t-il.
    
    Pascal, sur le parc de stationnement de l’ICMER, scrutait son téléphone avec rage. De son pouce, il faisait défiler l’écran dans un sens puis dans l’autre. C’était vendredi, Delphine ne travaillait pas et il décida qu’elle ne pouvait ignorer ça. Il ne voulait pas être seul à souffrir. Il monta en voiture.
    
    *-*
    
    Jean et Delphine, son épouse, étaient les meilleurs amis du couple que ...
    ... formait Pascal avec Claire. Ils habitaient une maisonnette sur une butte avec un très joli panorama sur l’île Pelée et son fort. Cela dit, la vue ce jour-là était quelque peu brouillée par le mauvais temps. Delphine aperçut Pascal par la fenêtre et ouvrit la porte d’entrée avant même qu’il ne parvînt au perron.
    
    — Entre vite Pascal. Il risque encore de pleuvoir.
    
    Pascal pénétra dans le couloir, défit son blouson et l’accrocha à une patère déjà encombrée.
    
    — Viens prendre un café, proposa Delphine en se dirigeant vers le salon. Tu sais que Jean est au boulot.
    
    « Pas seulement au boulot », pensa-t-il en souriant jaune.
    
    — Avant le café, j’ai quelque chose à te montrer, répondit-il à la jeune femme étonnée.
    
    Pascal était un homme d’une trentaine d’années, brun, tout en longueur et mince, malgré une petite bedaine qui commençait à pointer son nez au-dessus de la ceinture. Delphine, vingt-huit ans, les cheveux naturellement châtains, mais décolorés en blond, était une jolie femme, pas très grande, mais admirablement bien proportionnée. Ils s’assirent chacun d’un côté d’une table basse.
    
    — Qu’est-ce que tu veux me montrer ? s’enquit Delphine.
    
    — Ça ! répliqua Pascal en posant son téléphone devant lui.
    
    Delphine s’en saisit et tout son sang quitta ses joues. De rose, elle devint blême. Les photos représentaient Jean et Claire dans les bras l’un de l’autre qui s’embrassaient fougueusement. L’hôtel en arrière plan ne laissait aucun doute sur la nature de leur pause ...
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