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Journal d'un Rescapé - 01
Datte: 19/02/2026, Catégories: Non Consentement / À contre-cœur Auteur: APVapv, Source: Literotica
... rêve. Mais moi, je sais. Il n'y a pas de réveil, seulement une réalité de plus en plus sombre. Je m'appelle Jean, et j'ai 45 ans. J'ai été militaire, autrefois. Maintenant, je vis dans une vallée paumée en Ardèche. C'est pas grand-chose, mais c'est chez moi. Mes voisins, Martine et Jacques, c'étaient des gens bien. Eux, ils savaient comment faire pousser des légumes et élever des poules. Ils avaient un potager immense. Mais tout ça, c'était avant. Un mystérieux virus est apparu, un truc qu'on n'a jamais vu. Il tue les gens en moins de dix heures. C'est comme si le monde entier s'effondrait autour de nous. Aux dernières nouvelles que j'ai réussi à capter, près de 90 % de la population mondiale avait dépéri. Le continent africain, le Moyen-Orient... Il paraît qu'il n'y a plus personne là-bas. C'est difficile de dire comment le virus se propage. Certains disent que c'est dans l'air, d'autres parlent de l'eau. Au final, on sait rien. Martine et Jacques, mes voisins, avaient une fille, Manon. Elle a 22 ans. Étudiante en ville, elle a débarqué chez ses parents par peur d'attraper le virus en restant là-bas. Elle pensait que ce serait plus sûr ici, dans cette vallée isolée. Deux jours plus tard, Martine et Jacques étaient morts. C'était une putain de tragédie. Moi, je les ai enterrés. C'était la moindre des choses à faire. C'était avant hier. Maintenant, je me retrouve avec Manon sur les bras. La gamine est perdue. Elle ne sait pas quoi faire de sa vie, et franchement, ...
... qui pourrait la blâmer? Je devais prendre des décisions. Ce monde n'est plus le même, et il faut qu'on s'adapte pour survivre. Le potager, les poules, c'est tout ce qui nous reste. Il faut qu'on en prenne soin, qu'on les protège. Et puis, il y a l'idée de fouiller les maisons des alentours, récupérer ce qu'on peut avant que ça ne serve plus à rien. Je me demande souvent si ça vaut la peine de continuer. Mais à chaque fois, j'me rappelle que tant qu'on est en vie, il y a encore une chance, même infime, de survivre. Alors, je me dis qu'il faut y croire, qu'il faut se battre. Parce que si on baisse les bras, c'est fini pour de bon. Est-ce que c'était l'odeur de la viande grillée sur mon barbecue qui l'a attirée? La petite mademoiselle arrive d'un pas hésitant, l'air un peu perdu. Elle reste là, sans dire un mot, attendant que je la remarque. -- Qu'est-ce que tu veux, Manon? dis-je, sans lever les yeux de la viande. Elle hésite un instant, puis finit par lâcher : -- Je peux manger avec toi, Jean? Je ne prends pas la peine de la regarder. Ma voix est posée, autoritaire. -- T'as préparé quelque chose? -- Bah non. Je soupire intérieurement. Elle n'a encore rien fait. Je lui donne un ordre simple, sans lever les yeux de mon barbecue : -- Va chercher des tomates. Ramène-les ici. Elle reste figée une seconde, surprise par le ton sec, mais finit par obéir. Elle tourne les talons et se dirige vers le potager de son père, ses épaules légèrement voûtées. ...