1. Délices de Ksours


    Datte: 18/02/2026, Catégories: #rencontre, #adultère, fh, asie, vacances, cérébral, revede, Auteur: GrandPhare, Source: Revebebe

    ... pour respirer.
    
    Le vent est fort. L’air est frais. On ne sent pas le soleil qui tape fort pourtant. J’ouvre le coffre, vérifie dans mon sac à dos si mes préservatifs sont dans la pochette habituelle. Je ne sais pas pourquoi je le fais. Je n’ai aucun plan. Juste des rêveries sans histoire. Je me voyais dans un lit, à moitié couvert par des draps accessoires caressant le dos d’une belle à la peau tannée contrastant avec la mienne. Un ventilateur au plafond et une fenêtre au fer forgé donnant sur une oasis.
    
    En arrivant au premier patelin de route après le Haut Atlas, je me dirige au café le plus rassurant par sa forte fréquentation. Relativisons : deux motards espagnols, une famille de touristes à l’accent scandinave ou flamand et des mouches, par dizaines.
    
    Je ne me considère pas aussi étranger que ces touristes. La montagne minérale, les oasis et les regards que je rêve de rejoindre me sont familiers.
    
    Je prends une omelette, avec beaucoup de cumin. C’est lors d’une précédente sortie au désert qu’on m’en a loué les bienfaits. Et on ne m’avait pas tout dit.
    
    Je reprends la route, souvent droite, qui ondule parfois. Je m’arrête très fréquemment pour prendre deux ou trois photos avec mon reflex trop peu utilisé depuis son achat. Je marche quelques centaines de mètres vers un oued en contrebas. À ces latitudes, une coulée d’eau en cette saison, c’est exceptionnel. L’envie me prend de marcher dans cet air chaud et sec. J’entends et savoure le silence, quelques rires ...
    ... d’enfants au loin et progressivement le bruit de l’eau qui gagne toute mon attention. Des pas juste derrière moi me sortent de mon hypnose. Un guide et deux touristes aux traits asiatiques prennent des photos en marchant sur mes traces. Le guide me salue. Nous échangeons quelques banalités concernant mon appareil photo à l’objectif trop proéminent pour être ignoré. Il me dit que les deux Japonaises font arrêter leur 4x4 également chaque kilomètre pour des photos. À ce rythme, ils ne vont jamais rejoindre leur casbah avant la tombée de la nuit.
    
    À cet instant, je me rends compte qu’il est 17 h et que je n’ai encore aucune idée d’où je passerai la nuit. Je lui demande s’il pense qu’il y a de la disponibilité là où ils font escale.
    
    Il me passe le numéro du propriétaire.
    
    Plus tard dans la soirée, en me faisant visiter sa ferme/casbah, mon hôte, un gaillard de soixante ans, méditerranéen comme moi, me raconte comment il a trouvé son point d’amarrage ici, au bord du désert.
    
    Elle s’appelle Kenza. Elle l’a suivi pendant un an sur les routes. Dans leur bus faisant office de caravane, ils ont parcouru mers, montagnes, dunes et brousses. Puis le mal du pays l’a gagnée. Il l’a ramenée pour une simple pause de trois mois. Jour après jour, il s’est rendu compte que son errance n’avait plus de but. Cette terre est devenue sienne progressivement depuis vingt-deux ans.
    
    Pendant le dîner, il fait les présentations : une belle brochette d’ « amis » et quelques « nouveaux » comme ...
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