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17 avril 1891 (1/3)
Datte: 31/01/2026, Catégories: Entre-nous, Hétéro Auteur: Pessac, Source: Hds
... la soirée. "Et du coup, si tu veux bien, on dine ensemble ce soir. Tous les deux... en amoureux", j'ajoute sur le ton de la plaisanterie. Le forgeron rougit jusqu'aux oreilles et décontenancé, boutonne sa chemise de travers, attachant Pierre avec Paul. β Tu... tu dînes a...ah...avec...moi ? β Oui, et toi, tu... tu... tu... te-te pay...payeuh ma-ma... bobo... bobo...bobinette ! β Mais...mais...mais... Pointant un index rageur sous le nez de l'artisan, je crie : β T'arrêtes ça tout de suite mon bonhomme. Ça suffit ton bégaiement à la noix ! β Mais... mais β Arrête ! Je t'ai entendu hier soir ! Les poings ancrés sur mes hanches, je répète mot pour mot sa tirade de veille : β Je cite : Bon dieu, cette fille va me rendre complètement fou ! Qu'est-ce qui lui passe par la tête à cette délicieuse diablesse gracieuse? Elle m'enflamme mes sens et fait grimper mon mandrin à m'exposer son petit panier croquignolet !! Mon Changala, tout penaud ne dis plus rien. β Une belle et longue phrase, prononcée haut et clair, sans bafouiller une seule fois ! Alors, que dis-tu gredin ? Le bonhomme tangue, balance d'une jambe sur l'autre. Éprouve le besoin de s'assoir : il attrape une chaise et pose lourdement ses fesses dessus. Il est décontenancé mais assume : son regard ne quitte pas le mien. β C'est vrai... je ne bégaie pas au... autant que je voudrais le faire... croire. Un peu quand... même ! Mais ça m'arrange bien de passer pour... pour un benêt. On me ...
... laisse tran... tranquille ! β Ah, c'est donc ça ! Tu veux que JE te laisse tranquille ! C'est bien ça ? je demande en feignant de m'énerver. Changala lève ses mains affolées pour signifier que non. β Non-non ! Non, pas toi ! ... Toi... β Quoi, moi ? β Toi, répond le maraud en baissant la tête cette fois, toi, tu m'intimides... β Moi, je t'intimide ! Moi, avec mes quatre-vingt-deux livres ! Moi qui n'est que vingt et un ans, j'intimide un gaillard de trente... β Deux. Trente-deux ans. β Ben t'es pas si vieux que ça, mon loulou, je réponds en caressant tendrement la joue du gars. Coquine effrontée, je saute sur les genoux du bonhomme. Qui reste les bras ballants, ne sachant où poser ses mains. β Et donc, c'est de moi dont tu parlais hier soir ? Le forgeron déglutit douloureusement : β Oui, tu es si... β Si quoi, je demande encore en me pressant contre le torse du pauvre garçon qui n'en peut plus. β Si joliette, si fraîche, si attirante... Pour toute réponse, je viens prendre ses lèvres. D'abord, ébahi, l'homme ouvre à peine sa bouche. Mais j'insiste : les lèvres s'ouvrent et... la furie nous prend. Nous nous embrassons passionnément, furieusement ! Baisers enflammés, mouillés, profonds, langues affolées, souffles courts. On se dorlotent, on se câline, on se pressent l'un contre l'autre. J'ai bien compris que mon amoureux reste vaguement paralysé par la situation. À moi de prendre les initiatives qu'il convient de prendre si je ...