-
Peste noire
Datte: 21/01/2026, Catégories: #chronique, #nonérotique, #aventure, #fantastique, Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe
... des saignées sur les bubons pour drainer le pus ! Ils n’ont toujours pas compris qu’il faut aérer ! En effets, les « becs » pensaient que le fléau se propageait dans l’air, aussi confinaient-ils les malades et les mourants dans leurs maisons. Hélène avait passé une grande partie de sa jeunesse au Nippon, empire lointain qui avait une connaissance plus développée en science médicinale que les cinq super puissances d’Occident. Les gigantesques turbines des ventilateurs étaient à l’arrêt, l’air vicié stagnait. L’odeur de la mort restait en suspens, une odeur d’œuf pourri qui s’installait jusqu’aux vêtements des rares individus qui osaient sortir dans les rues. Alors que la Capitaine et la Seconde se dirigeaient vers la grande demeure du gouverneur, un des hommes de l’équipage arriva et les prévint qu’il y avait énormément de tension au campement. Le quartier maître « Pique-Viande » avait suffisamment de poigne pour endiguer les éventuelles rixes mais de savoir qu’aucun des marins ne pourrait aller aux putains n’aidait pas. — OK, j’ai compris, on va faire venir des putains au campement. Vas-y sauve-toi ! C’est ainsi que Hélène et Mary se trouvèrent à la taverne « De l’espoir ». Tandis qu’elles discutaient avec la tenancière et accessoirement maquerelle, des soldats britains les encerclèrent. Le lieutenant qui dirigeait la troupe leur ordonna de le suivre. Ils arrivèrent devant le grand manoir du Gouverneur « Sanders », elles furent accueillies par l’intendant ...
... tandis que le lieutenant prenait congé. — Le gouverneur va vous recevoir dans sa chambre, il est souffrant mais ne soyez pas inquiètes, vous resterez suffisamment éloignées pour ne pas être infectées. Il a une demande à vous faire. Persuadée qu’elle allait devoir négocier pour éviter l’arrestation, Fleur de Tonnerre accueillit cette nouvelle avec soulagement, mais aussi avec circonspection. Les deux pirates entrèrent en laissant leurs armes avant de se trouver face à leur hôte. Ce dernier se trouvait dans son lit, un « Bec » à son chevet occupé de changer les bandages du souffrant. Il n’avait déjà plus grand-chose d’humain : son visage n’était que boursouflures et de gros ganglions accablaient ses yeux, les empêchant de s’ouvrir complètement. Son regard, qui jadis transpirait la malice et l’intelligence, semblait à présent morne. La douleur et la résignation se dessinaient sur ce qui lui restait de face. Une odeur insupportable attaqua les narines des deux pirates, les obligeant à faire une grimace bien involontaire. — Mesdames, un peu de tenue s’il vous plaît, maugréa l’intendant, si vous croyez que vous-même sentez la rose printanière. L’odeur de varechs et des embruns est enracinée sur vous. — Ça, ça veut dire qu’on pue le poisson ! s’amusa Mary. — La moule, ma chérie, la moule ! renchérit Hélène. La conversation n’échappa pas au gouverneur Sanders, mais il fit mine de ne pas avoir entendu. — Mesdames, vous ne seriez pas les bienvenues ici… kof kof, ...