1. Peste noire


    Datte: 21/01/2026, Catégories: #chronique, #nonérotique, #aventure, #fantastique, Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe

    ... Non, ce n’est pas ça, lui répondit-elle en lui donnant la longue vue, regarde au-dessus du fort…
    — Bon sang ! s’exclama la Dame des Mers. Le drapeau noir !
    
    Le drapeau noir était effectivement hissé sur les remparts, il signifiait le pire : mieux valait ne pas accoster : la peste bubonique.
    
    Elle avisa son équipage de la présence de cette épidémie et elle donna pour ordre de ne pas aller dans les bars ou chez les putains. Seul le Tonnelier, le grand Argentier, Mary et elle-même iraient en ville.
    
    L’Albatros Rouge caréna dans une baie isolée, à l’abri des regards mais aussi du fléau tant redouté.
    
    Le charpentier Geoffrey Killem, en plus d’être en charge des réparations, devait enseigner son savoir à Blanche, une « nouvelle » flibustière qui semblait avoir les faveurs de la capitaine.
    
    Hélène avait rencontré cette dernière huit ans auparavant et elle avait vu en elle des capacités qu’il fallait cultiver. Fleur de Tonnerre somma Blanche de s’engager dans la marine d’Hexagone, l’une des cinq superpuissances de l’occident afin qu’on lui enseigne – en autres, la lecture et l’écriture, la navigation, la géographie.
    
    À terme, Hélène espérait pouvoir un jour s’appuyer sur cette recrue. Elle rêvait secrètement de constituer un équipage exclusivement féminin, cependant, les « Piratines » – comme elle les appelait – étaient rares.
    
    Le Grand Argentier, Monsieur PicFlouze accompagnait Sam le Tonnelier, le responsable des vivres à bord, tous deux en charge de ...
    ... réapprovisionner l’Albatros Rouge en vue d’un départ au plus tôt, tandis que Fleur de Tonnerre et La dame des Mers allaient négocier le silence du gouverneur.
    
    Les rues n’étaient pas désertes, mais elles manquaient de l’animation ordinaire. La mort a une odeur particulière, une fois connue, on ne peut plus la confondre avec une autre senteur. Et ces rues puaient la mort.
    
    Écrasés par la chaleur tropicale, les soldats britains occupaient les places stratégiques, mais ils n’avaient à déplorer aucune activité. Quand bien même, leur devoir aurait été sollicité par une situation, ayant bien trop peur du fléau qui s’abattait dans la ville, ils n’auraient pas bougé un doigt. Apathiques, ils luttaient pour rester debout à leur poste et seuls les cloches et les médecins de la peste qui exhortaient les familles à sortir les morts des maisons les maintenaient éveillés.
    
    — Sortez vos morts ! (Ding !) Sortez vos morts ! (Ding !) Ne les laissez pas confinés chez vous ! (Ding !) Sortez vos morts ! (Ding !)
    
    Vêtus de leur costume traditionnel et surtout de leur masque à bec d’oiseau remplis de Thériaque (un contrepoison composé de plus de 55 herbes médicinales et de poudre de peau de vipères, de cannelle, de myrrhe et de miel), les médecins de la peste s’employaient à distiller leur savoir pour endiguer l’épidémie.
    
    — Ah enfin une bonne idée de leur part ! fit remarquer Hélène.
    — De quoi parles-tu ? lui demanda Mary
    — Ces abrutis font souvent pires que mieux. J’ai déjà vu ces idiots pratiquer ...
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