1. Dégagement


    Datte: 13/01/2026, Catégories: #sciencefiction, Auteur: Myhrisse, Source: Revebebe

    ... l’habitude, retrouvant les anciens réflexes. L’arme de l’assaillant se retrouva dans les mains d’Alhya tandis que le brigand chutait, les fesses les premières, sur le sol, se blessant sur les morceaux de verre. Alhya poursuivit le mouvement. Dans le jeu vidéo, il n’y avait pas de pitié. C’était tuer ou être tué. Elle mit l’homme en joue et, le viseur vers la tête, appuya sur la détente.
    
    Une main sur son poignet dévia son tir et la balle atterrit à quelques centimètres de la tête du salopard sidéré qui se figea sous la menace de l’arme d’un spécial.
    
    Alhya n’en revenait pas.
    
    — J’ai failli tuer quelqu’un ! s’exclama-t-elle.
    
    Il était intervenu. Il l’avait empêchée de commettre un crime ignoble.
    
    — Tu as réussi à t’en débarrasser, murmura le spécial qui lui prenait l’arme des mains. Tu peux être fière !
    — 310, occupe-toi de l’otage ! ordonna le chef. Les autres, vérifiez le restaurant.
    
    Son spécial s’éloigna pour avancer en formation avec ses deux collègues. Un spécial fit sortir Alhya avant de l’amener vers un véhicule. Il lui proposa de s’asseoir sur le siège avant, les jambes en dehors de la voiture. Il la recouvrit d’une couverture. Alhya estima qu’il s’agissait de Chouineur, sans en être certaine. Son cerveau peinait à assembler les morceaux.
    
    — J’ai failli tuer quelqu’un, répéta-t-elle.
    — Cela ne vous aurait pas été reproché, madame, indiqua le spécial de sa voix modifiée. Légitime défense.
    
    Alhya leva les yeux sur le spécial. Que venait-il de dire ? ...
    ... Son esprit raccrocha deux pièces d’un puzzle qui ne lui plaisait pas du tout.
    
    — Vous êtes des salopards ! s’exclama-t-elle.
    — Pardon ? souffla-t-il.
    — Vous vous êtes servis de moi comme appât ! accusa-t-elle.
    
    Le spécial se figea, les doigts crispés. Il ne niait pas.
    
    — Tout ça, c’est de votre faute ! s’écria Alhya.
    — Tout va bien, 310 ? demanda le chef.
    — Comment avez-vous pu risquer ma vie pour une intervention ? Vous n’avez pas le droit ! Article 3 alinéa 4 du code des spéciaux.
    
    310 se crispa carrément tandis que le chef restait de marbre.
    
    — Apporte-moi du Sorbitan, ordonna le chef à son comparse.
    
    310 se tortilla puis contourna le véhicule pour ouvrir le coffre dans lequel il fouilla.
    
    — C’est quoi, du Sorbitan ? demanda Alhya, le cœur battant la chamade, perdue entre la colère, le soulagement et la fierté.
    
    L’adrénaline dans ses veines la surexcitait. 310 revint et tendit une gélule à son chef.
    
    — Avalez ! ordonna le chef en tendant le médicament à Alhya.
    — Chef… murmura 310 – qui, sans chouiner, s’apprêtait à s’opposer à la décision de son chef d’escouade.
    — Elle est sous le choc, précisa le chef. Ceci va l’aider à se détendre.
    
    310 secoua négativement la tête. Il ne semblait pas de l’avis de son supérieur.
    
    — Avalez, répéta le chef et Alhya sentit toute la menace suinter de cet ordre.
    
    Elle jeta un œil à son restaurant. Les spéciaux – dont le sien – sinuaient parmi les décombres et les cadavres.
    
    Alhya fit tourner la gélule dans ses ...
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