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Dégagement
Datte: 13/01/2026, Catégories: #sciencefiction, Auteur: Myhrisse, Source: Revebebe
... privé n’est pas assez grand, fit remarquer Alhya. — Nous avons besoin de nous restaurer en toute tranquillité, précisa un des clients. Plusieurs hommes, armes en main ou sur le côté, entrèrent et demandèrent gentiment aux personnes attablées de bien vouloir sortir. Nul ne s’opposa. Les gardes se postèrent à des endroits stratégiques. Alhya déplaça les tables afin de permettre à ses clients de s’installer confortablement. Elle commença le service sans s’attarder sur les échanges qui ne l’intéressaient pas. Les hommes, visiblement en désaccord, discutaient avec force et fermeté, mais sans vulgarité ni explosion de colère. Chacun exposait son avis, avançait ses arguments, précisait ses préférences. Les négociations s’animèrent avant de se calmer, preuve que des terrains d’entente étaient trouvés. Alhya débarrassa les assiettes pour servir le dessert. Elle plaça devant chacun les assiettes à dessert puis se rendit en cuisine où un homme en armes l’accompagnait à chaque fois. Non pas que sa présence dérangea Alhya, l’homme se poussait toujours pour la laisser passer, ne l’empêchant pas de travailler. Elle trouvait juste ridicule qu’il la suive comme un petit chien. Comme si elle risquait d’aller chercher une bombe à la cuisine. Elle se pencha dans le réfrigérateur et en sortit les sorbets à la poire préparés le matin même. Du bruit de verre brisé suivi d’exclamations et de cris la fit se dresser. L’homme armé réagit sans attendre. Il attrapa Alhya, la plaqua contre ...
... lui et la mit en joue, pistolet dans le creux du cou. Il la poussa vers la sortie de derrière qui explosa. La fumée envahit la cuisine. L’homme changea d’avis. Il entraîna Alhya vers la salle principale. La scène faisait froid dans le dos. Des cadavres, partout. Sur eux, des spectres noirs. — Un mauvais geste, et je la tue, cria l’homme en arme derrière Alhya, raffermissant sa prise sur son arme. « Ne jamais risquer la vie d’un otage », se souvint Alhya. Le code des spéciaux était clair. Elle l’avait constaté elle-même durant les sessions virtuelles. Si la vie d’un otage était en jeu, les spéciaux reculaient. Ce jour-là ne fit pas exception. L’homme armé, ravi, avança parmi les décombres, enjambant les chaises renversées, se dirigeant d’un pas sûr vers la sortie. Un spécial remua presque imperceptiblement à gauche. Doigts, biceps, hanche. Ces gestes, dans le monde virtuel, désarmeraient l’assaillant. Alhya frémit et fit « non » de la tête. Il répéta la série de mouvements, la fixant avec insistance. Alhya n’avait jamais réussi cet enchaînement dans la vraie vie. Bon, d’accord, sur le tapis, elle luttait contre un spécial. Là, il s’agissait d’un brigand, pas le même niveau. Et puis, elle aurait quelque chose pour elle : l’effet de surprise. Le salopard qui la tenait en joue ne s’attendait pas à ce qu’elle maîtrise ce genre de mouvement. La porte se trouvait à moins d’un mètre. Alhya inspira puis lança la chorégraphie répétée. Son corps suivit avec l’aisance de ...