1. Dédicace


    Datte: 09/01/2026, Catégories: nonéro, Humour #pastiche, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe

    ... fout. J’improviserai, ne vous en faites pas, leur rétorquais-je. Et puis ce qui compte, c’est la spontanéité ! Ça, le public le sent !
    
    Je suis arrivée avant l’ouverture à l’arrière de la limousine à verres ultra-teintés que j’ai exigée :
    
    — Waou, il y a du monde déjà ! M’exclamais-je en voyant la centaine de personnes devant le magasin, attendant l’heure d’ouverture.
    — C’est la campagne de communication qu’on a mise en place avec les Librairies Fnouk et ton éditeur, et bien sûr ton talent, ma chérie, qui déplace les foules, me dit Yves-André.
    — Flatteur va… ou hypocrite peut-être. Intéressé sûrement…
    — On va passer par-derrière, par l’entrée des artistes. L’entrée des artistes, c’est ce qu’il y a de mieux pour toi.
    — Hypocrite, oui…
    
    Après une recherche Google sur le lieu où devait avoir lieu l’évènement, j’ai tweeté pour rameuter encore plus de fans. C’est trop bien Google. Comment faisait-on avant, sans Google ? Aujourd’hui, Google, c’est Dieu le père, Twitter, le fils, et Instagram, le Saint-Esprit. Amen (et Tinder le Malin).
    
    Au bout d’une demi-heure, Jacques et Yves-André sont venus me chercher dans ma loge :
    
    — Laetitia, on ouvre dans cinq minutes, il y foule dehors, ça va être un succès !
    
    On m’a installée derrière une table face à l’entrée. Devant le rideau de fer encore baissé, les cinq vigiles s’apprêtaient à ouvrir les portes.
    
    Sur la table, on a posé plusieurs piles de mon recueil. Derrière moi, il y avait quelques kakémonos dépliés reprenant le ...
    ... visuel de la couverture du recueil, avec une photo de moi qui m’avantageait en surimpression.
    
    La couverture de mon recueil est comme je l’ai souhaité : sobre. Blanche avec juste mon nom, Laetitia en haut, recueil de nouvelles au milieu et les éditions Enplomb et leur logo en bas.
    
    Une préface de ma main et ensuite les douze nouvelles choisies. Chacune est illustrée par une gouache ou un dessin au fusain de Noémie. Magnifique. J’ai une préférence pour celle de « la bague de fiançailles », où on voit une jeune fille habillée à la mode des années folles, assise dans un fauteuil, un homme, un genou au sol lui tend un écrin. Superbe.
    
    Jacques Sohn-Faïvhe s’est approché de moi avec un type à côté de lui :
    
    — Ah, Laetitia, laisse-moi te présenter Geoffroy Denldo, le directeur des librairies Fnouk.
    — Ah ça tombe bien, j’ai deux mots à vous dire à vous ! J’ai demandé une loge spacieuse et confortable avec une bouteille de Cristal de Roederer frappée, et je me retrouve avec un placard à balais recyclé en loge avec une bouteille de Crémant. Ça ne va pas du tout ! J’étais à deux doigts de vous laisser en plan. Vous avez de la chance que mon éditeur et mon agent aient réussi à me convaincre de rester.
    — On va ouvrir, Laetitia.
    — Oui, eh bien, depuis le temps que vous me le dites, je ne sais pas ce que vous attendez. Laissez entrer mon public !
    
    Les vigiles se sont regroupés près de l’entrée. Le rideau de fer a été remonté. Les portes se sont ouvertes.
    
    La sécurité a eu du ...
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