1. Dédicace


    Datte: 09/01/2026, Catégories: nonéro, Humour #pastiche, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe

    ... trouverez un terrain d’entente !
    — Puisque tu insistes…
    — Tu viens de te faire des couilles en or mon petit Jacques, comme on dit ! On remet ça ? Une autre petite gâterie buccale ?
    
    Et nous sommes tombés d’accord. J’ai eu gain de cause.
    
    Aujourd’hui est le jour de la sortie officielle de mon recueil. Et pour marquer le coup, Jacques Sohn-Faïvhe, mon éditeur donc, en collaboration avec Yves-André Pérhémer, mon agent, a prévu une séance de dédicaces dans un des magasins de la chaîne Fnouk, les libraires flegmatiques.
    
    Et nous étions le jour J. Voilà, les wagons sont raccrochés. Je reprends le cours de mon récit.
    
    oooOOooo
    
    J’ai mis un temps fou à choisir ma tenue. Il me fallait le look approprié. Classe, mais pas trop. Je devais paraître proche de mes fans, pas inaccessible avec une robe merveilleuse par exemple. Classe, mais simple, on va oublier Chanel, YSL, Dolce & Gabbana et Zadig &Voltaire. Après moult essayages, je me suis enfin décidée pour un pantalon en jeans tout bête, légèrement élimé, voire déchiré par endroits, pour faire genre. Enfin élimé, mais griffé, il y a un minimum. J’ai complété d’un chemisier ivoire, légèrement décolleté et une veste de tailleur grise, à petits carreaux jersey Milano.
    
    « Pas mal du tout, y’a pas à dire », me dis-je en me regardant dans la glace, vérifiant que le pantalon moulant ne me faisait pas un trop gros cul. « Non, impec ». Bon, faut dire, c’est le genre de jeans qu’on enfile avec un chausse-pied. Après, pour avoir ...
    ... un beau cul dans un falzar hyper-serré, la base, c’est justement d’avoir un beau cul. Le pantalon qu’on accuse trop facilement n’y est pour rien ! N’est-ce pas ?
    
    Il me fallait le truc qui allait me magnifier. Là, j’étais décontractée, mais classe. Il fallait que je sois décontractée, mais super classe. Les escarpins ! Voilà ! J’ai exploré ma collection de paires de chaussures alignées sur les étagères de mon dressing. Les Miu Miu ? Non… Les Sergio Rossi ? Non, un peu trop… Les Louboutin ? Euh non… les Louboutin ne se conçoivent qu’en soirée. Ah ! Les Jimmy Choo, talon de 10,5 cm, noirs en daim. Classes, mais décontractés, à l’avenant du reste. Bon, reste qu’avec des Jimmy Choo t’as mal aux pieds. Ça m’énerve, mais tant pis. Souffrir en silence, c’est la croix que doivent porter les stars. Je dois commencer à m’habituer à mon statut futur.
    
    Quelques bijoux, une chaîne en or rose avec un petit pendentif, des boucles d’oreilles assorties pour le côté classe, ainsi que quelques bracelets fantaisie, trois autour de chaque poignet, pour accentuer encore le côté décontracté. Hippie chic ! Bourge délurée !
    
    Maquillage très léger, cela va de soi, du rose pâle sur les lèvres, notamment.
    
    Superbe ! Tu en jettes !
    
    Cette séance de dédicace devait se conclure par un échange avec la presse spécialisée. Mon agent et mon éditeur voulaient qu’on répète et qu’on révise les questions qui seraient susceptibles de m’être posées et les réponses à y apporter :
    
    — Pffffff… Non, on s’en ...
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