1. Le plus beau Noël


    Datte: 03/01/2026, Catégories: danser, amour, cérébral, revede, nonéro, Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe

    ... chatouillait les narines d’Elian, une fragrance qui l’apaisait.
    
    — Pourquoi ? Pourquoi m’as-tu invité ? se risqua-t-il, presque dans un murmure trahissant son émoi.
    — Parce que je voulais que ce Noël soit le plus magique possible, le plus heureux, et je me suis dit que, pour qu’il soit ainsi, il fallait que tu sois de la partie.
    — Et Damien ?
    — On l’oublie, d’accord ?
    
    Il tenta d’en savoir un peu plus, mais elle éludait les questions avec maestria et, lorsqu’elle était acculée, elle maugréait envers cette fichue attraction qui refusait instamment de se débloquer.
    
    — J’avais prévu une petite patinoire avant d’aller au bal, mais je pense que ce sera pour demain… rouspéta-t-elle.
    
    Enfin, la nacelle redescendit doucement vers le sol. Quoique rassuré par la descente, une légère déception accabla Elian, il aurait tant voulu que ce moment s’éternise un peu plus. Une fois au sol, Aïtana, toujours guillerette, entonna :
    
    — Libérés, délivrés, désormais plus rien ne m’arrêttttttteeeeuh !
    
    Comme elle chantait faux ! C’était un supplice pour les oreilles, mais un bonheur à voir, un rayon de soleil dans la nuit qui était tombée prestement. Tandis que les passants retrouvaient le sourire, les musiciens de rue l’accompagnèrent en rigolant et Elian se boucha les oreilles.
    
    En la regardant déborder d’énergie, de joie de vivre, il se demanda comment n’avait-il pas vu, n’avait-il pas compris, qu’elle était la femme de sa vie ? Pourquoi avait-il fallu qu’il préfère les femmes ...
    ... des magazines, les plus belles, les plus glaciales, sans comprendre que ce n’était pas la beauté qui comptait le plus ? Pourquoi n’avait-il pas compris qu’il ne ressentait pas seulement de l’amitié ? Il supposa que la vie avait besoin d’être expérimentée.
    
    Pour mettre fin au carnage, il lui proposa de continuer cette fin d’après-midi autour d’un vin chaud. Aïtana acquiesça avec enthousiasme. Ensemble, ils s’éloignèrent vers les stands illuminés du marché de Noël, prêts à savourer chaque instant ce que ce début de soirée leur offrait.
    
    Ils s’installèrent sur un banc en bois décoré, la chaleur du vin réchauffait leurs mains engourdies.
    
    — Beurk, j’ai jamais aimé le vin chaud, dit-elle en riant.
    — Moi non plus.
    — Putain de traditions ! Je vais te dire, j’aime pas non plus les marrons chauds !
    — Hein ? Quoi ? Mais… Je me souviens d’un Noël où je t’en avais offert, tu m’avais dit que tu en raffolais !
    
    Elle le regarda, presque en minaudant, et se contenta de dire :
    
    — J’adore comme tu es naïf… un peu bébête.
    
    Il était temps de se préparer pour le bal. Au volant de sa 4L rouillée, Aïtana, un gros bonnet de laine sur les oreilles, des moufles aux mains, jurait comme un charretier sur les autres automobilistes.
    
    — Tu vas la dégager, ta poubelle de merde ????
    
    Puis s’adressant à Elian :
    
    — Fais pas attention, j’suis super stressée quand je conduis, et quand je stresse, j’insulte.
    — Je sais, se contenta-t-il de répondre. Je sais…
    — Ouaip, j’ai plus de chauffage et ...
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