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Danse Macabre
Datte: 01/01/2026, Catégories: BDSM / Fétichisme Auteur: GregoryHirsch, Source: Hds
Doucement bercés par les ondulations des lampions sous le souffle chaud de cette première nuit d’été, les reflets jaunâtres dansaient dans le fond de mon verre, comme un prélude à une danse macabre. Mon indifférence à la vie qui m’entourait ne semblait pas avoir d’égale que la frénésie des corps transpirants se mouvant sous mes yeux au rythme effréné de la musique assourdissante. Qu’étais-je venu foutre dans cette misérable fête villageoise ? La farandole de couleurs chatoyantes se mêlait aux poisseuses effluves de sueur et d’alcool, répugnante illusion d’un bonheur exhalé et pourtant si insignifiant. À quel moment étais-je devenu ce vieux con misanthrope ? Les potes avaient tous insisté pour que je vienne, comme si ma seule présence avait le pouvoir de leur rendre cette jeunesse perdue, souvenir écœurant ou nostalgie d’une naïveté crasse. Où étaient-ils d’ailleurs ? Dans ce bar où le suivant, peu importait, la foule s’était chargée de me dissimuler et de protéger ma fuite. Un peu plus loin face à moi, une jeune femme, un peu plus excitée encore que le reste de ses congénères enivrés, se tortillait plus effrénée que tout autre. Quinze années au moins devaient nous séparer. Ses longs cheveux châtains s’échappaient de sa coiffure approximative, alourdis et collés par la chaleur. Peut-être l’aurais-je dragué à l’époque ? Un je ne sais quoi m’intriguait en elle, comme l’image diaphane d’une délicatesse invisible. Plus je me perdais à l’observer et plus le monde qui ...
... l’entourait s’effaçait. La musique s’étouffait petit à petit, la lumière se faisait plus douce, presque filtrée. Ses mouvements même semblaient s’adoucir, le vacarme des sons électroniques laissant peu à peu place à une douce mélodie, un air de Chopin ou de Saint-Saëns. Son jean serré et son débardeur vulgaire faisaient place à une robe de tulle caressant subtilement ses aréoles au sommet de ses seins que je devinais. D’aussi loin que je me souvienne, j’avais toujours été fasciné par cette insignifiante partie de l’anatomie féminine. Si peu observé, ce mince disque de chair assombrie, parfois large et opulent, parfois étroit, presque juvénile, tenait pour beaucoup, à mon sens, à ce qui faisait le charme et la beauté d’un sein. Sans elle, point d’harmonie, sans sa subtile intervention ni la fierté dun téton dressé, ni le galbe harmonieux d’une mamelle ne sauraient s’enorgueillir de donner toute son ampleur à une poitrine, qu’elle soit menue et nerveuse ou rebondie et voluptueuse. De cette mince surépaisseur presque rugueuse sous la langue dépendait tant de choses. Sous mes yeux la jeune femme, devenue pour moi ballerine, menant un ballet harmonieux. Faisait danser dans mon esprit leur rondeur sous la fine étoffe, inépuisable source fantasmatique, incarnée par l’insolence de sa jeunesse insouciante. Soudain son visage se redressa, elle me fixait, d’un profond regard noir me perçant de part en part. Comment avait-elle remarqué que je l’observais ? Je cherchais à retrouver le ...