Moments de grâce
Datte: 02/04/2025,
Catégories:
inconnu,
campagne,
avion,
revede,
Voyeur / Exhib / Nudisme
portrait,
rencontre,
Auteur: Iovan, Source: Revebebe
... déjà des passagers de la rangée suivante, et moi j’étais comme un con avec mes compliments ravalés.
Une petite voix perchée sur mon épaule gauche… depuis le temps qu’elle me connaît, elle sait que mon oreille droite à cause d’un peu trop de décibels manque de fiabilité, ricanait, me traitant de « gros naze »… que si ça continuait, on allait encore bien rigoler…
Je pris une carte dans mon portefeuille et la posai bien en évidence sur le plateau… je remarquai que la vieille noix la regardait, mais n’en avais que faire… Isabel ne pourrait pas manquer de la voir quand elle viendrait lever le plateau… quelques minutes s’écoulèrent…
Ce fut Conchita, l’autre hôtesse, à l’accent espagnol, elle aussi, que j’avais baptisée ainsi, mais qui m’intéressait beaucoup moins que sa jolie collègue qui arriva dans mon dos et s’empara du plateau… je la remerciai alors que je hurlai intérieurement : « C’est Isabel que je veux, pas toi ! » en même temps que je voyais le contenu du plateau terminer dans le grand sac plastique suspendu à l’avant du trolley.
On attendait Grouchy, et c’est Blücher… Waterloo, morne plaine… !
Et l’autre sur l’épaule gauche, mort de rire, continuait à me distiller son ironie à deux balles…
— Mesdames et Messieurs, bonjour, c’est votre Captain, Jean-Pierre Sadirac, nous commençons notre descente sur Lyon Saint-Exupéry où la température est de dix-sept degrés et nous nous poserons avec dix minutes d’avance sur…
OK, là, à la sortie, pas de problème, je ...
... lui donne ma carte de la main à la main. Garanti !
Je la regardais encore, m’imprégnant de toute sa beauté. Isabel, merveilleuse Isabel, deux fois, miracle…
Isabel, Sagrario, l’une était l’autre et je ne savais plus… et n’avais plus aucune envie de savoir.
La vie me faisait un cadeau que je n’espérais pas…
Choc des roues entrant en contact avec le sol, les cinquante tonnes d’acier lancées à plus de deux cents kilomètres/heure ralentirent leur course dans les tremblements sourds du freinage qui, ressemblant plus aux prémices d’un accident qu’à un retour sur le plancher des vaches, en faisaient se raidir plus d’un crispé sur son siège… puis, ce relâchement, au roulage où l’appareil retrouvait une configuration rassurante…
Nous étions au sol… Isabel fit la dernière annonce…
L’appareil s’immobilisa… lumière verte, signal sonore… cliquetis des ceintures de sécurité qu’on déboucle… dans une agitation feutrée, les passagers se levèrent et leur flot commença à lentement s’écouler dans l’étroit couloir. Je me levai et pris mon tour, piétinant dans la longue file, à la main la carte que je m’apprêtais à lui tendre…
Alors que je n’étais plus qu’à deux mètres d’elle, préparant mon plus beau sourire, tendant déjà la main, une voix off nasilla dans le haut-parleur.
Sur un dernier sourire, elle tourna les talons et entra dans le cockpit.
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J’avais garé ma Lancia comme je le faisais habituellement, à la sortie de la courbe, juste ...