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Cœur de cible
Datte: 05/03/2025, Catégories: f, fh, ff, amouroman, Auteur: Claude Pessac, Source: Revebebe
... continue, chaque mouvement des doigts de la roussette provoque d’irrésistibles radiations. J’ai craint un instant, connaissant l’impatiente gourmande, qu’elle ne me ravage l’entrejambe, qu’elle ne m’en fourre ses doigts sans ménagement. Mais pas du tout : des phalanges légères rampent sous l’élastique fragile de mon slip, farfouillent délicatement dans mon buisson, coulent doucement dans la nef, contournent l’alliciant sacristain avant de glisser dans le chœur encensé où le nectar de myrte amoureux submerge déjà mon sacré tabernacle. Je flotte dans la voluptueuse ivresse d’un fantasme qui se réalise avant même que je ne l’aie jamais formulé. Pas même imaginé, encore moins désiré, mais qui me transporte résolument vers un paroxysme que je devine inédit. Et c’est moi, l’impatiente gourmande, moi qui me défais rageusement de mon encombrant cache-sexe en satin, moi qui m’ouvre pleinement à sa fouille légère, moi qui presse mon sexe sur sa paume, moi qui provoque l’intrusion de ses doigts en moi. Un mini séisme me chahute à cet instant, me faisant lâchement abandonner les joyeux gaillards de sa poitrine. Attentionnée, Trudie garde ses doigts immobiles en moi, le temps que je m’habitue à leur présence et reprenne mon souffle. Je suis attendrie par cette tempérance inhabituelle qui me change tellement des manœuvres précipitées de bon nombre de partenaires trop pressés. Aucune urgence, aucune précipitation, aucune impatience dans ses gestes, mais la volonté lumineuse de ...
... savourer, faire apprécier et partager l’instant, chaque instant, chaque tressaillement de mon corps, chacune des transes qui me chavirent. Je voudrais, ô je voudrais tant lui donner même rien qu’une infime partie des bonheurs qu’elle m’offre, mais j’en suis incapable à cet instant. Je ne suis qu’une marionnette pantelante et librement asservie, téléguidée par ses phalanges espiègles qui ballottent mon corps de droite à gauche. Heureuse victime éblouie qui gravit résolument les pentes radieuses et aperçoit déjà le soleil vainqueur de l’orgasme. Le plaisir m’engloutit brutalement quand un pouce s’en vient frôler mon petit bouton roide. Asphyxiée, je crie, je ris, je pleure, je chavire sous les soubresauts convulsifs qui bouleversent mes sens. Que pourrais-je bien dire de ce bonheur qui dénoue mes tensions, évanouit mes chagrins : aucun mot, aucune expression ne serait assez puissante et étincelante pour traduire ma béatitude. Quand, que de nymphette angélique je redeviens femme de ce bas monde, quand, effondrée sur le lit, je reprends doucement mon souffle, le visage de Trudie me surplombe. Son sourire attendri et gentiment moqueur me fait fondre. Me fait fondre et m’aiguillonne : — À mon tour, adorable petite garce : je vais te montrer, moi, de quoi est capable une hétéro coincée ! oooOOOooo La journée du lendemain a été particulièrement pénible. Problèmes techniques en cascades, mises à jour interminables des ordinateurs, Trudie que je dois rembarrer sèchement, ...