1. Note


    Datte: 04/03/2025, Catégories: fsoumise, portrait, poésie, Auteur: Landeline-Rose Redinger, Source: Revebebe

    ... des corps dénudés de la Toile. La forme amalgamée des centaines d’images qui défilent devant vos yeux tandis que vos mains vous guident jusqu’au plaisir.
    
    Que je vous croise à la boulangerie, que vous heurtiez mon caddie dans les rayons du Franprix ne vous fait pas sourciller.
    
    En somme, je lègue le plaisir, j’aguiche le désir dans l’incognito semblablement aux fameux donateurs inconnus. Aux grands et anonymes mécènes.
    
    Si en littérature, si en peinture on cherche l’épure, si Rodin recherchait le modèle parfait, si Nicolas de Staël n’a eu de cesse cette formidable volonté de faire toujours plus fort, plus aigu, plus raffiné, avec au bout l’idée du chef-d’œuvre suprême, eh bien oui ! je peux le dire sans rougir, je suis la muse, je tends vers l’épure et le corps universel du fantasme. Voilà ma recherche. Oh ! je les entends déjà, ceux-là qui me relégueront au rang des pimbêches et des prétentieuses, mais sérieusement, qu’en sera-t-il d’eux lorsque seuls dans les rues, seuls dans les hôtels de province, seuls sans compagne, sans compagnie, ils chercheront mon corps partout où on peut le trouver ? De pimbêche et prétentieuse, je redeviendrais dans ...
    ... leur triste solitude l’objet du désir, la Divine Salope, le corps à enfourcher, la bouche à gorger. La gorge à inonder.
    
    Alors oui, vraiment, je voulais vous parler de moi. Je le voulais. Mais en somme, à quoi bon ! Que je sois rousse peu vous en chaut, vous m’avez voulue en blonde pulpeuse. Que je me vêtisse chiquement d’un ensemble Chanel, a-t-il un réel intérêt quand vous me fantasmez en skaï en cuir, en latex, en stretch ? Que ma poitrine se pose sur une dentelle luxueuse, vous vous moquez un peu, lorsqu’en lambeaux le tissu tombe sous vos mains acharnées ! Que ma bouche soit dessinée par un bâton rouge ou mon visage par un blush et vous n’y verrez rien d’autre qu’un appel à la chair ! Un coulis sanguin que vos jus en mélange dissiperont sans scrupule.
    
    Alors oui, je reconnais que vous ne me devez pas plus. Que vous me reconnaissiez sans me connaître ou me connaissez sans me reconnaître et pour cela je vous donne toute ma gratitude. Je vous offre ma reconnaissance et je vous abandonne mon corps. Mon corps entrevu, touché, pris saboulé, pétri léché sucé et fouaillé. Je vous le donne.
    
    Je vous donne mon corps invisible, inconnu, mais source de vie. 
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