1. Les derniers soupirs


    Datte: 04/03/2025, Catégories: hh, hplusag, hotel, amour, Transexuels confession, policier, Auteur: Samir Erwan, Source: Revebebe

    ... lèvres se sont soudées, sa langue est entrée dans ma bouche, mes mains ont touché ses fesses, les siennes aussi, nos bas-ventres se touchaient au rythme de la batterie. Je me suis aperçu que je bandais. Que j’embrassais un homme d’une quinzaine d’années plus jeune que moi ! L’ex-colocataire de Raïssa, mon agente. Qu’Éric était devenu mon agent aussi ! Qu’il m’étendait sur le sofa ! Qu’il déboutonnait mon pantalon et sortait mon sexe ! Qu’il le masturbait doucement en revenant m’embrasser ! Qu’il me chuchotait :
    
    — Je t’ai toujours admiré… ton métier, ta manière d’être, et puis là, ta nouvelle mission…
    
    Sa bouche est descendue le long de mon corps, j’avais chaud, il m’a englobé avec appétit, c’était bon. Sa barbe entre mes cuisses. Il a léché mes couilles, je lui ai demandé de se déshabiller aussi, il l’a fait en une seconde et Éric et moi nous sommes retrouvés tête-bêche, à nous déguster l’un l’autre.
    
    Cette soirée est un des jalons de ma vie que j’ai voulu cacher, je ne sais pourquoi. Car Éric et moi nous nous sommes revus. Nous nous la jouions "mannish" – masculine et viril – en public, mais nous nous retrouvions le soir, en catimini, à sourire de nos cachotteries et de nos cajoleries. Il était le passif dans le couple homosexuel que nous formions la nuit, il ne m’a jamais pénétré, c’était moi qui jouais avec ses fesses et qui m’y insérais.
    
    Et à la même époque, une fois que nous avions joui l’un et l’autre, moi dans son cul et lui dans ma main, alors qu’il partait ...
    ... de mon appartement et que je me retrouvai seul, le soir, devant ma glace, je me transformais en Milly. Et je me faisais prendre dans les toilettes publiques du Saloon, ou bien chez Marco, le rouquin…
    
    Ma vie était dépravée. Le chaos dans ma tête. Éric m’a demandé, en fin de soirée, mon bras autour de lui, sa tête contre mon épaule :
    
    — Il t’est possible de contacter Raïssa ?
    — Oui…
    — Ça te dirait de la contacter ? J’aimerais la revoir.
    
    J’ai hésité. Raïssa et moi avions prévu un système de boîte aux lettres mortes, seulement pour nous, juste pour elle et moi, à n’utiliser qu’en cas d’urgence. Certes, que Éric revoit Raïssa n’était pas une urgence en soi : mais j’avais aussi envie de lui reparler. À l’époque, cela faisait longtemps que nous ne nous étions pas vus…
    
    La même nuit, Milly a glissé une note mystérieuse sous un pot de fleurs d’un appartement au Mile-End. Et comme prévu, Raïssa était présente au rendez-vous dans un parc, deux jours plus tard à l’heure dite, assise sur un banc. Je l’ai abordé de front :
    
    — Salut Raïssa.
    — Salut. Ça va ? Pourquoi voulais-tu qu’on se voie ?
    
    Raïssa semblait inquiète. En effet, nous nous étions avertis l’un l’autre de n’utiliser cette boîte aux lettres morte que pour des urgences. Puis elle a remarqué mon nouveau look de proprio de magasin de disque, elle a chuchoté :
    
    — Mais ? Comment es-tu habillé ? Tu es en mission ?
    — Je t’expliquerai. Oui, ça va. Je voulais te présenter quelqu’un…
    
    Et Éric est apparu, souriant, ...
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