1. Les derniers soupirs


    Datte: 04/03/2025, Catégories: hh, hplusag, hotel, amour, Transexuels confession, policier, Auteur: Samir Erwan, Source: Revebebe

    ... que les miennes ont dû leur traverser l’esprit : quatre balles la seconde, un silencieux, ça y est, c’est la fin, on ne peut pas être plus rapide qu’un fusil d’assaut. Surtout que Richard affirmait avoir deux à trois coups d’avance, qu’on ne pouvait rien lui faire, comme s’il avait tout prévu. En effet. Alors, c’est ainsi que tout se termine… Surtout que Richard ricane et persifle :
    
    — Tuez-les tous…
    
    Personne d’entre nous n’ose un geste quand l’indésirable armé traverse le studio d’un pas agile et sûr. Elle nous vise les uns après les autres, calculant les trajectoires de ses futurs projectiles, ses meilleures chances pour elle, par qui commencer… ?
    
    — Mais tirez ! s’égosille Richard.
    
    Entre alors un nouvel intrus, un simple Glock à la main, le danger pointé vers nous. Cheveux en broussailles, petite barbe de trois jours, un hispter. Richard rigole :
    
    — Ah ah ! je vous l’avais bien dit !
    
    Ce nouvel importun, nous le connaissons bien, Raïssa et moi. C’est Éric, notre ami, mon agent infiltré chez Richard. Éric me salue subtilement du menton. Richard continue de délirer :
    
    — Faites un carnage !
    
    Éric lève son arme vers Richard qui s’étouffe. La tueuse ne calcule plus la trajectoire de ses balles vers nous, elle se tourne vers le gros homme attaché au radiateur. Elle s’avance parmi nous. N’a jamais eu l’intention de nous tirer dessus. Elle se poste devant Richard qui bafouille. La peur soudaine dans ses yeux. Elle baisse son calibre. Et lui donne un énorme ...
    ... coup de crosse au front. Richard s’effondre, assommé. Enfin muet. Hors d’état de nuire.
    
    La nouvelle arrivante se tourne vers nous et enlève sa cagoule : Malika !
    
    — Rapace ? s’exclame Raïssa.
    
    Malika nous sourit, exténuée, et laisse tomber son arme :
    
    — Ma mission est terminée…
    
    Je me précipite vers elle, lui touche le visage, vérifie que c’est bien elle, les yeux verts, son grain de peau, ses lèvres, je balbutie :
    
    — Depuis tout ce temps, tu… ?
    
    Malika lève son regard vers le mien et j’y entre, dans un monde de fruits verts, de pommes et de papayes sucrées, un jardin luxuriant, un monde à découvrir, déjà exploré, toujours à élucider :
    
    — Oui… mais je t’ai aimé.
    
    Sans réfléchir à autre chose, je la prends dans mes bras. Elle m’entoure des siens. Nous nous perdons l’un dans l’autre, fusion des corps désirés, fragrance à inspirer : mais quel est donc ce monde de dupes dans lequel j’erre depuis trop de temps ?
    
    Je me sens enlacé soudainement par d’autres bras, d’autres cheveux viennent se perdre entre les miens et ceux de Malika, il y a huit mains, six seins, dans mon dos, sur mes épaules, Charlène et Raïssa sont venus nous rejoindre pour nous étreindre. C’est si bon d’être aimé.
    
    Dans le studio de ce AirBnB de la tour Elizabeth, parmi les ombres offertes par la lampe sur pied et par les quelques lumières des réverbères extérieurs, quatre êtres s’embrassent et se pressent sur les cœurs de chacun. Quatre autres personnes sont témoins de ce recueillement : ...
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