1. Rouge, impair et mort à Hanoï.


    Datte: 02/03/2025, Catégories: fh, ff, hh, grp, asie, inconnu, forêt, Oral Partouze / Groupe Humour aventure, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe

    ... une quantité de pâtes coincées entre des baguettes en bambou.
    — Li m’a raconté le pourquoi de votre visite au Vietnam. J’ai mené mon enquête. Sixtine de Saint Aymé de Préville est arrivée à Hanoï il y a un mois et demi. On a perdu sa trace depuis. J’ai retrouvé le guide qui l’a conduite au nord du pays. Vers les plateaux de Jiam, que l’on appelle aussi hauts plateaux.
    — Les hauts plateaux ? ajouta Mangouste avant de porter à sa bouche un peu de soupe avec la cuillère en porcelaine.
    — C’est une région reculée qui longe la frontière laotienne au sud et chinoise au nord. Le guide dit l’avoir amenée jusqu’aux premiers cols. C’est là qu’elle a été prise en charge par un autre guide, un Laotien. Il n’y a personne là-bas, hormis les Ngas, une tribu montagnarde.
    — Les Ngas ? Tiens, tiens…
    — En traversant la Préfecture autonome Dai de Xishuangbanna, côté chinois, on arrive au Myanmar, l’ancienne Birmanie, et un peu plus au sud en Thaïlande. On est donc à quelques encablures du fameux Triangle d’Or. Enfin quelques encablures à l’échelle du continent asiatique, ça fait quelques centaines de kilomètres tout de même.
    
    En clair, la situation idéale pour se cacher et pour trafiquer à peu près tout. Les armes bien sûr, mais aussi et surtout l’opium. C’est une région déserte, montagneuse, inhospitalière. Il n’y a pas de routes, juste quelques pistes pour s’en approcher. Pour s’en approcher seulement. Ensuite, il n’y a plus que quelques sentiers de montagne, puis la forêt à traverser. ...
    ... Hormis quelques villages et petites villes en bordure, pas âme qui vive côté Vietnamien. C’est pourtant là qu’on trouve et que sévissent Tigress et la petite armée qu’elle a montée avec les rebelles Ngas.
    
    — Tigress, disiez-vous ? Qui est-ce ?
    — Elle se fait appeler ainsi. Elle règne en toute impunité sur une petite troupe, avec la complicité des autorités. Les fonctionnaires vietnamiens, laotiens et même chinois, qu’elle arrose de dollars y trouvent leur intérêt.
    — Vous pouvez m’en dire plus sur cette Tigress ?
    — On dit que c’est une métisse née d’un père européen et d’une mère chinoise. On dit qu’elle est belle, mais dure comme une lame de sabre japonais. Je crois surtout que c’est elle qui a fait courir cette rumeur et cette image pour asseoir son autorité. Son père a travaillé pour la CIA, mais en même temps pour les Viêt-Cong pendant la guerre. Un parfait agent double. Tout de suite après la guerre, profitant de ses bonnes relations avec les régimes communistes du secteur, son père s’est enrichi en revendant au marché noir le matériel abandonné par l’armée américaine. Le tout en organisant le trafic d’opium. À la mort de son père, Tigress a pris la suite. Elle vit retranchée dans cette région, d’où elle dirige ses opérations sous la protection d’une petite armée recrutée parmi les Ngas, une tribu de montagnards irréductibles.
    
    L’endroit rêvé pour elle, je vous disais. Cinq pays à proximité, en cas d’attaque d’une des armées ou de la police d’un de ces États, c’est ...
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